L’étude qui en dit long

Chiffres ACPM / OJD 2019 : Jean-Paul Dietsch en dit plus

Le 13 février, l’ACPM a diffusé les chiffres de diffusion et de fréquentation certifiés OJD des titres et sites des marques de Presse en 2019. On y apprend que la presse compte près de 10 millions d'exemplaires diffusés et 60 millions de visites enregistrées chaque jour. Pour aller plus loin, MyEventNetwork est allé à la rencontre de Jean-Paul Dietsch, Directeur Général Adjoint de l’ACPM, et lui a demandé ce qu’il fallait en retenir. 

Publié le 18/02/2020 à 17:02, mis à jour le 24/02/2020 à 11:24.

Jean-Paul Dietsch
© DR

Quels sont, selon vous, les grands points à retenir des chiffres ACPM / OJD 2019 publiés le 13 février dernier ?
Malheureusement, la diffusion est toujours en déclin. Cependant, l’érosion est contenue par différents facteurs : la presse se maintient et diversifie. C’est toujours plus de trois milliards de copies par an qui sont diffusées, et 60 millions de visites chaque jour sur les sites internet des titres de presse. 
Cela fait presque une dizaine d’année que la presse est plutôt en décroissance, mais l’effondrement de la diffusion de la presse n’a pas eu lieu. On a assisté à une évolution, une transformation, mais pas à une inversion. Le seul grand changement concerne la presse quotidienne nationale qui connaît sa plus forte progression depuis 10 ans. 

Comment expliquer ce regain de la presse quotidienne nationale ?
A mon sens, on peut trouver deux raisons principales.
Tout d’abord, l’année 2019 a été très riche en actualités, informations et événements sociaux, qui ont intéressé les Français au plus haut point. Cela a forcément été un démultiplicateur pour la presse quotidienne nationale, qui est un relais fort de l’information. 
L’autre point concerne les investissements par les titres de presse quotidienne nationale sur le numérique, leur adaptation aux nouveaux modes de consommation, etc. Ils récoltent les fruits de leurs investissements depuis 10 ans. 

Cela donne de l’espoir ?
Surtout, cela confirme un modèle. Il y a 15 ans, Internet était vu comme le fossoyeur de la diffusion de la presse. On constate aujourd’hui qu’en prenant le parti d’investir dans des rédactions bi-média, dans la complémentarité des supports, ça marche. 
C’est le message qu’il faut transmettre aux éditeurs qui n’ont pas encore franchi le pas du numérique : ils doivent se diversifier et lancer leur savoir-faire et leur marque sur d’autres supports. 

Ce sont les enjeux à venir ?
La complémentarité en fait définitivement partie, oui ! Le papier reste le support historique et fort, c’est un moment totalement privilégié avec le lecteur. En revanche, il ne doit pas l'être au détriment des autres supports offerts par la technologie. Tout est complémentaire et l’association est même vertueuse. Parce qu’aujourd’hui, un jeune qui surfe sur l’appli Le Monde ou Le Parisien est en contact avec la marque, il grandit et évolue avec elle, et il pourra ensuite se transformer en un lecteur papier ou abonné numérique. A notre époque, les titres de presse d’information ont la possibilité de s’adresser à des publics plus jeunes qu’auparavant grâce aux réseaux sociaux et aux supports numériques. 
Au final, les grandes marques de presse sont toujours là et s’adressent à toujours plus de monde. 
Enfin, il faut également noter qu’en 2019, il y a des titres qui se sont créés, comme Dr Good, et qui sont en progression. Cela signifie qu’on peut encore lancer de nouveaux titres, avec le bon contenu, la bonne cible et la stratégie adaptée. 

Retrouvez le communiqué et l'infographie de l'ACPM.

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