L’édito

Olivier Roux : « A la fin de cette période, nous serons là, capables de reprendre avec force et conviction ce qui nous animait auparavant. » 

Très active pour accompagner et informer les membres de la filière événementielle sur l'évolution de la situation du COVID-19 en France et de toutes les mesures mises en place pour aider les entreprises du secteur, l'UNIMEV se mobilise quotidiennement. Entretien avec Olivier Roux, son président.

Publié le 18/03/2020 à 17:23, mis à jour le 21/03/2020 à 17:43.

Olivier Roux président Unimev
© DR

Vous avez écrit une lettre au Premier Ministre pour appeler à la création d’un fonds de solidarité notamment. Quels ont été les retours ? 
Nous avons écrit une lettre au Premier Ministre, qui suivait une lettre faite au Ministre de l’économie et des finances pour mettre le focus sur nos activités événementielles. Nous posions également des questions sur le nombre de personnes qui pouvaient se tenir dans un rassemblement. La question a depuis été réglée. 
La demande de création d’un fonds de solidarité a été entendue, car Mr Le Maire a parlé d’un plan de solidarité significatif auprès de la filière événementielle, mais aussi pour d’autres catégories professionnelles : commerçants, restaurateurs, etc. Cependant, malgré tous les efforts qui peuvent être faits, nous savons que les montants d’allocations proposés par le Ministre des Finances, même s’ils sont très significatifs, ne seront pas suffisant. L’Etat fait ce qui est dans ses capacités. 

Comment accompagnez-vous vos adhérents en ce moment ?
Nous sommes en communication perpétuelle avec nos adhérents pour les informer de ce qu’il se passe, des mesures possibles etc. 
Les équipes d’UNIMEV sont à leur disposition pour répondre à leurs questions juridiques. La totalité de nos effectifs est mobilisée pour répondre à ces demandes et beaucoup d’inquiétudes. Et en même temps, la situation évolue très vite. Nous essayons de nous adapter à chaque changement, en fonction des informations données par les ministères pour répondre au plus vite sur la marche à suivre. Nous sommes en relation permanente avec les institutions et ils sont très transparents sur leurs actions envers les entreprises et la situation. 

Comment voyez-vous les choses pour les semaines, voire les mois à venir ?
Aujourd’hui, nous apprenons en marchant puisque nous ne pouvons plus exercer notre activité. Notre principal souci, c’est la relance. Nous avons beaucoup reporté les congrès, les salons, les manifestations. Il faut maintenant définir des créneaux possibles, à partir de fin juin. Il faut aussi accompagner les exposants et les visiteurs de congrès, pour que nous puissions les accueillir aux nouvelles dates dans les hôtels. C’est toute une chaîne économique qui se met en place autour des événements : transports, restauration, hôtels… Il faut que cette chaîne-là fonctionne. 
Les entreprises vont essayer de trouver des solutions avec leurs sous-traitants qui ne sont pas trop pénalisantes, même si elles n’ont pas de moyens illimités. 

Quels sont les prochaines étapes selon vous pour préparer la relance ? 
Nous y pensons dès aujourd’hui, en donnant notamment beaucoup d’informations aux petites entreprises qui sont nos sous-traitants ou acteurs. Nous essayons de maintenir des relations très fortes avec nos visiteurs et exposants, en les appelant, en les informant des reports. Nous entretenons un filet très fort, à travers les mails et des relations directes avec tous les acteurs.

Des conseils à donner aux entreprises de l’événementiel ?
Notre rôle n’est pas de rajouter à l’ambiance morose. En revanche, nous disons qu’il y aura un tunnel. Et au bout de ce tunnel, nous serons capables de reprendre avec force et conviction ce qui nous animait avant cette période. Notre profession correspond à un véritable besoin d’échanger, de connaître les dernières innovations. Nous sommes dans une période où l’on subit, et où l’on s’adapte pour mieux repartir. Il faut avoir conscience que nous sommes dans un collectif, pas une individualité. Nous dépendons de beaucoup d’acteurs, qui sont tous touchés. Nous sommes solidaires, et nous nous associons totalement aux mesures qui sont prises. 

Un message à faire passer ?
Il faut garder le cap ! Après le Cap Horn, il y aura le Cap de Bonne Espérance. 

Le 17 mars, vous avez écrit une nouvelle lettre au Premier Ministre pour lui assurer de la mobilisation de la filière événementielle, notamment des gestionnaires de lieux qui proposent d'ouvrir leurs portes aux autorités sanitaires pour palier le manque de place.  
L’initiative a, sous l’impulsion d’UNIMEV, trouvé un formidable écho auprès de nos professionnels. Cette mobilisation nationale est la preuve qu’en dépit de l’extrême précarité dans laquelle se trouve la filière, elle est bien présente. Dynamique et prête à accompagner la relance !

Lire le communiqué sur la mobilisation de la filière.

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