L’édito

Corona Rictus.

« Prévenir, c’est guérir… ». Nous fonctionnons aujourd’hui sous ce système du principe de précaution, qui alerte pour mieux éviter le drame. On ne peut nier son efficacité au niveau de chacun ou de communautés soudées à titre uni-personnel, on peut parfois s’interroger à des niveaux nationaux ou internationaux, où les liens sont avant tout médiatiques et maintenant animés par les réseaux sociaux.

Par Xavier Dordor, publié le 04/03/2020 à 16:02, mis à jour le 04/03/2020 à 18:20.

Corona Rictus.
© Capture écran Twitter - BD Astérix et le Transitalique

Le schéma médiatique reprend la hiérarchie de pouvoir, tend le micro aux élus qui nourrissent ce principe et aux experts qui se positionnent face au mainstream ambiant. Les réseaux sociaux libèrent les énergies et les pulsions de tous bords. 

De fait, au niveau de la nation, le principe fait question, et les effets collatéraux perturbent complétement le débat. Les interdits de rassemblements actuels et futurs (stade 3 du virus ?) détricotent les industries du spectacle vivant qu’il soit politique (élections municipales), culturel (théâtre, cinéma, concert…), business (conférences, summits, salons…). L’impact de ces interdits dépasse les mouvements de spectateurs potentiels et déstabilise le citoyen dans son comportement individuel. Ainsi nait l’angoisse collective. 

En termes de business, l’inquiétude de tous les milieux professionnels est palpable, quel que soit le niveau de leur proximité à cette psychose du rassemblement. Elle est compréhensible voire légitime. L’industrie des events, par la voix des agences de Levenement notamment exprime son inquiétude. Déjà, des events sont annulés ou pour le mieux reportés mettant en cause une filière peu structurée et composée de petites entités pour la plupart. Inquiétude économique légitime. 

On le sent déjà, il y aura un avant et un après Corona virus en matière de mondialisation, de dépendance vis à vis de l’extrême orient et de re-localisation de la production. Comme quoi à toute chose malheur est bon. Le bilan carbone du Covid-19 sera peut-être positif. Et si en matière d’event l’effet induit était aussi une sélection des conférences en (trop) grand nombre, une diminution de la taille des events en live (mouvement déjà observé) et une diffusion plus large des contenus en live ou en streaming. Un marché à l'avenir phygital ?

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