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« Nous visons la mise en place d’un écosystème pérenne et équitable sur le digital. »

Quel avenir pour les éditeurs de contenus et de service sur le digital à l’ère post-covid ? Comment s’imposer dans un marché trusté par quelques grands acteurs tout puissants ? C’est notamment pour répondre à ces problématiques que les éditeurs se réunissent au sein du Geste. Bertrand Gié, président de l’association, nous en dit plus sur ses missions et ses actions. 

Publié le 15/07/2020 à 17:27, mis à jour le 15/07/2020 à 17:27.

Bertrand Gié le geste
© DR

Qu’est-ce que le Geste, son rôle et ses missions ? 
Le Geste est une association qui a fêté sa trentième année et qui réunit des sociétés issues de différents secteurs : éditeurs de contenus, de services, de solutions techniques… Nous travaillons tous ensemble pour échanger, apprendre, comprendre et résoudre nos problèmes communs. C’est le seul lieu qui réunit tous les métiers à travers le prisme du digital. C’est une vraie richesse. 

Quels types de problématiques abordez-vous ? 
Tout ce qui peut concerner les nouveaux supports et les nouveaux usages (développement de la vidéo, podcast, modèles, publicité…) : cela va des problématiques et solutions techniques, les outils, à l’environnement législatif, comme la privacy, les droits voisins ou encore la souveraineté numérique. 
Nous visons un même objectif : la mise en place d’un écosystème pérenne et équitable sur le digital. 

Le Geste a-t-il une fonction lobbyiste ? 
Au départ, l’association est née d’une envie pratique et pragmatique d’échanger et de comprendre. Au fil des années, nous sommes de plus en plus amenés à peser sur les débats législatifs et réglementaires et nous intervenons sur les sujets qui nous paraissent importants. Nous avons par exemple assigné la CNIL devant le Conseil d’État qui nous a donné raison dans l’affaire des cookies wall. Enfin, au sein du Geste, nous impulsons des réflexions autour des alternatives technologiques.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres associations ?
Nous ne sommes pas vertical. Nous abordons la problématique du digital dans son ensemble. C’est ce qui fait qu’il y a tant de sujets qui nous concernent. 

Quid des événements B2B ?
Les tables rondes sont plutôt réservées à nos membres, même si certains sont ouverts aux extérieurs. Nous organisons entre deux et quatre tables rondes par mois qui réunissent entre 40 et 100 personnes à chaque fois, sur des sujets d’actualité (la fin des cookies, les contenus payants, le développement du podcast…). Par ailleurs, nous organisons des ateliers qui permettent des échanges d’expériences dans le but de trouver des réponses opérationnelles. Nous travaillons dans un secteur qui évolue constamment et nous mettons nos forces en commun pour essayer de comprendre les technologies, les modèles économiques possibles, les réglementations… Nous créons des ateliers au fil de l’eau. Enfin, nous publions des livres blancs régulièrement (l’audio digital, le rôle de la data dans le business model des éditeurs, etc.). Et nous avons lancé l’Observatoire Digital Media Review, témoin du comportement des lecteurs avec le payant.
Dès qu’un nouveau thème apparait, nous essayons de le traiter. C’est une association bienveillante : nous laissons la concurrence à l’entrée pour comprendre comment mieux faire nos métiers demain. 

La période de crise sanitaire que nous sommes en train de vivre, a-t-elle bouleversé les pratiques du Geste, son rôle, ses missions ? 
La crise n’a pas fait émerger de nouvelles idées ou tendances, mais a accéléré la digitalisation. Nous éditeurs de contenus et de services avons besoin, encore plus aujourd’hui, d’être actifs et unis pour travailler avec le gouvernement sur les mesures d’urgence : maintenir le financement des éditeurs, lancer un crédit d’impôt pour les abonnements, militer pour que les sociétés jouent toutes avec les mêmes règles. 
Pendant cette période de crise, nous avons discuté avec les différentes instances pour aider les éditeurs sur le fond. 
Et, comme beaucoup d’associations, nous avons multiplié les conférences et les webinars. 

Vous avez également lancé le pass média ?
Nous travaillons beaucoup sur « l’après cookie ». Nous, éditeurs, avons besoin de pouvoir agréger de la donnée autour de l’utilisateur pour lui proposer de la publicité, mais aussi comptabiliser l’audience, lui proposer des services, etc. Une des options à cette ère post-cookie, c’est le mode « logué ». Les plateformes digitales des GAFA sont toutes 100% loguées, ce qui n’est pas le cas des éditeurs français. Nous avons donc lancé le « pass média », qui permet à l’utilisateur de se loguer une fois et d’être reconnu par plusieurs sites et applis média. 

Comment voyez-vous l’avenir du Geste en 2020/2021 et plus largement l’avenir de vos secteurs ?
Nous évoluons dans un environnement législatif et règlementaire complexe. Des décisions très importantes sont en train d’être prises, il faut que l’on défende nos points de vue et que l’on fasse valoir nos droits. Au Geste, nous voulons continuer à faire en sorte que chacun puisse s’informer sur nos problématiques. Et, heureusement, nous travaillons tous ensemble pour y répondre. 

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