L’étude qui en dit long

MyEventFuture, l’observatoire prospectif de l’événementiel

MyEventNetwork a deux ans. Depuis le lancement, l’événementiel a considérablement évolué et son accélération est loin d’être terminée. On a beaucoup échangé au quotidien avec tous les acteurs du marché, et on a pu dégager et hiérarchiser trois évolutions essentielles pour l’événementiel. 

Par Xavier Dordor, publié le 02/06/2021 à 10:19, mis à jour le 07/06/2021 à 12:01.

MyEventFuture, l’observatoire prospectif de l’événementiel
© DR

Les grands enseignements à retenir

Un podium sans concurrence ?

En tout premier lieu, le fait marquant mais sans surprise au fond c’est l’explosion du digital et de ses possibilités : il obtient 80 % des pôles positions. En deuxième position mais (trop) loin derrière, la recherche d’une plus grande responsabilité dans l’élaboration des events (énergie/environnement/parité des speakers…) et une volonté d’engagement de l’industrie signent l’engagement des acteurs du marché. Ce point dépend largement de leur implication personnelle et ils en ont (bonne) conscience.

La multiplication du nombre des events et ses conséquences occupe la troisième place juste derrière. Elle énerve les professionnels mais apparaît comme un mal nécessaire.

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Visuel Un podium sans concurrence ?

L’empreinte digitale est très lisible

Le digital est vécu par les acteurs du marché plus pour ses qualités que par passion : il a permis de maintenir un dialogue avec les publics de leurs manifestations pendant cette pandémie et ils lui en sont très largement reconnaissants (92%). Arrivé comme une contrainte, il a ouvert des audiences plus larges, plus diversifiées voire sans frontières (90%). Sur ce point le plein accord domine (70%).

Pour 4 personnes sur 5, soit un plébiscite, la numérisation a donné à l’événementiel un statut de grand média

Pour 4 personnes sur 5, soit un plébiscite, la numérisation a donné à l’événementiel un statut de grand média, volontiers comparable aux autres canaux par un parcours client que l’on peut suivre et des audiences que l’on peut mesurer. Les professionnels de l’événementiel se sentent indéniablement valorisés de cette comparabilité qui les remet au cœur du marché dans une certaine modernité.

Les autres opinions sur le digital obtiennent également des scores très positifs : son apport financier est indéniable mais avec une sérieuse nuance. On lui reconnaît d’avoir modifié la structure de coût des events, plus que d’avoir cassé les prix (72% avec un score des plus engagés de 49% soit l’avis un professionnel sur deux).

La génération de data par le digital dans les events arrive au même niveau (72%). C’est un acquis mais qui enthousiasme moins les professionnels (33% seulement sont tout à fait d’accord).

Les plateformes autorisent interactivité et convivialité (61%) mais ne sont pas une panacée

Quant aux plateformes oui bien sûr, elles autorisent interactivité et convivialité (61%) mais ne sont pas une panacée.

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Visuel L'explosion du digital

La responsabilité sociale est entrée dans les (bonnes) consciences

Le bilan carbone et social des events est devenu une préoccupation majeure pour la plupart des professionnels qui y voient une tendance de fond dans laquelle il faudra embarquer tous les prestataires et contributeurs du présentiel en sortie de crise pour réussir (95%).

C’est dans un processus de production des events plus responsable de l’environnement que les organisateurs doivent s’orienter pour 90% d’entre eux. D’ailleurs, la diversité, le sustainable, la RSE vont devenir pour eux les grandes thématiques des nouveaux events de demain …et pour 85% d’entre eux cela a déjà commencé.

Nuançons le propos : les organisateurs plus engagés (les tout à fait d’accord) ne sont pas encore majoritaires sauf pour considérer que c’est l’affaire de tous (66%). Passe à ton voisin...

Ils ont globalement compris que le digital lui-même n’était pas exempt de critiques sur le plan du bilan carbone (80% OK et 48% de tout à fait d’accord), et voient plutôt d’un bon œil un événementiel à deux vitesses où les small meetings restent confinés dans le numérique (72%/43%).

Leur engagement pour la diversité sur scène ou au micro paraît fort (75%) mais on notera que le nombre des moyennement d’accord l’emporte sur les tout à fait. Ce volet n’est donc guère encore prioritaire dans les faits ! 

C’est une conclusion similaire sur l’ensemble de cette partie consacrée à la responsabilité sociale dans les events. La parole est d’or mais l’engagement est d’argent… double sens.

La confusion entre l’intitulé d’une web conférence de qualité et un simple webinar promotionnel est réellement partagée par tous (77%/52%)

L’explosion du nombre des events ne crée pas une forte agressivité

La prolifération est une évidence pour tous (90%/66%). Quant à la confusion entre l’intitulé d’une web conférence de qualité et un simple webinar promotionnel, elle est réellement partagée par tous (77%/52%) … mais on a l’impression que le marché s’accommode de cette évolution. Peut-être simplement parce que cette effervescence est le mal nécessaire de son business actuel.

On peut sans doute mettre cette dénonciation de la prolifération des events en rapport avec quelques faits majeurs :

  • L’ouverture de l’adtech à ce « nouveau » moyen d’expression ou de démonstration et à son CRM (84%). On notera une absence de virulence (moyennement d’accord > tout à fait).
  • Le faible coût d’entrée de la production des webinars est bien une autre explication mais là aussi la désignation est certes forte (3/4 d’accord, mais 41% de tout à fait).

Pour échapper à cette confusion, chacun voit l’opportunité de construire des scénarisations des grands conférences (77%), mais l’absence d’opinions tranchées sur cette question montre sans doute une attente ou une réflexion. On en verra les fruits dans les prochaines vagues de l’Observatoire.

La question sur les plateformes intégrées et leur capacité à faire émerger un event entraine des réponses mitigées

Enfin la question sur les plateformes intégrées et leur capacité à faire émerger un event entraine des réponses mitigées : un accord global à 64% mais faiblement engagé (tout à fait d’accord : 23% et moyennement d’accord : 41%).

C’est le deuxième champ après l’explosion de la digitalisation où les plateformes pointent leur nez en dernière position. Il faut fouiller les répondants pour mieux comprendre : les organisateurs, et les donneurs d’ordres surtout, s’intéressent à ces nouveaux acteurs que sont les plateformes… mais guère les agences pour qui ce point est résolu et qui s’intéressent à autre chose.

De quoi sera fait l’événementiel de demain ? Rendez-vous la semaine prochaine pour connaitre notre décryptage de la seconde partie de notre observatoire ainsi que les gagnants de notre jeu-concours ! 🍾🍾🍾

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