Entretiens

« Notre rapprochement est un formidable accélérateur de projets ! »

Vincent Dumont, directeur général de l'agence Chaïkana et Stéphane Abitbol, président du groupe S'Cape, relatent pour MyEventNetwork l'histoire du rapprochement de leurs deux marques. 

Publié le 06/04/2021 à 15:44, mis à jour le 07/04/2021 à 12:10.

Vincent Dumont Stéphane Abitbol
© DR

Chaïkana change une nouvelle fois de partenaire en peu de temps. Quel était le projet que vous a présenté Stéphane Abitbol pour vous séduire ?

Vincent Dumont : Nous ne sommes pas forcément partis d’un projet commun mais plutôt d’affinités, de visions communes et donc d’une envie d’avancer ensemble. C’est d’abord une histoire d’amitié, car Stéphane et moi nous nous connaissons de longue date et nous nous respectons beaucoup. On s’est dit que nous allions construire le projet ensemble, sans pour autant partir d’une feuille blanche. En effet, il y avait déjà le projet du groupe S’Cape qui était très abouti ainsi que celui de l’agence Chaïkana, lui aussi très fort, donc nous allons prendre le meilleur des deux pour construire un projet encore plus génial et puissant !

Vous validez Stéphane ?

Stéphane Abitbol : Absolument ! C’est surtout une envie que l’on partageait avec Vincent, non pas de donner un signal défensif sur nos métiers qui ont souffert durant la crise, mais bien au contraire d’accélérer. On y croit et allons faire beaucoup plus fort en sortant de cette crise par le haut. Entendons-nous bien, nos deux structures se portent bien, et ce projet n’est pas conçu pour réduire nos coûts ou sauver nos business respectifs. Cette période nous a permis de bien réfléchir à ce que l’on voulait pour le futur, à savoir construire un projet nouveau mais qui s’inscrit dans la continuité.

Et c’était le bon moment selon vous ?

Stéphane Abitbol : L’an dernier à la même époque, j’avais deux ambitions. M’occuper de nos clients, ne pas en perdre et même en gagner. Ce qui a été le cas. Second objectif, ne pas ressortir de cette impasse affaiblis en subissant un retour en arrière. Donc on continue et on accélère. Ce rapprochement est un formidable accélérateur de projets.

Quelle est la nouvelle proposition de valeur et donc la valeur ajoutée de ce rapprochement pour vos clients respectifs ?

S.A. : Nous allons pouvoir renforcer nos atouts sur les volets contenus et conseils, avec davantage de moyens et de profils en interne capables d’accompagner nos clients. Nous avons une véritable envie de remettre l’événement au centre des stratégies de communication. On sait que notre métier est indispensable pour engager et faire vivre la relation. D’autre part, nous n’avons qu’un seul client en commun et je crois que depuis le temps que nous nous connaissons avec Vincent, nous n’avons été qu’une seule fois en compétition sur un appel d’offres. Nos portefeuilles clients sont donc très complémentaires. 

V.D. : Au-delà de la forte envie d’avancer ensemble, on s’est aperçu que nos expertises étaient aussi extrêmement concordantes. Nous n’avons pas les mêmes points de force. S’Cape a par exemple l’un des plus beaux plannings stratégiques de la place de Paris, a contrario Chaïkana a une culture du contenu et du conseil très forte. Stéphane possède aussi une expertise du développement et du référencement, quand nous nous avons des clients très fidèles avec lesquels nous travaillons souvent sans appel d’offres. Autre exemple avec le tourisme d’affaires, activité qui est sorti du scope de Chaïkana mais présente chez S’Cape. Nos deux marques vont donc prétendre à une palette d’expertises beaucoup plus large.

Vous considérez tous les deux qu’il faut mettre en place un nouveau modèle de collaboration entre agence et annonceur plus agile, plus fluide et plus collectif. Un sujet qui n’est pas nouveau…

V.D. : C’est un sujet qui nous est cher et sur lequel nous avons déjà travaillé ensemble avec Stéphane pour le guide LESSENTIEL de l’association LEVENEMENT. Nous vivons un moment favorable pour arriver à fluidifier cette relation, hélas pas toujours simple.

La crise actuelle va nous faire sortir de la logique de one shot car les entreprises vont avoir besoin d’un accompagnement dans la durée

Nous sommes réellement convaincus tous les deux que la crise actuelle va nous faire sortir de la logique de one shot car les entreprises vont avoir besoin d’un accompagnement dans la durée. C’est d’ailleurs l’un des éléments que l’on défend sur la temporalité des prises de parole. Ces dernières seront à l’avenir plus nombreuses mais pas forcément cristallisées par un event one shot. Pour cela, il faut travailler dans la durée et en confiance avec son client. D’ailleurs, on le constate actuellement car beaucoup de clients se sont tournés vers les agences qu’ils connaissaient bien. Il faut être dans une relation partenariale comme on peut l’être avec son avocat, son conseiller financier ou encore son médecin. On ne change pas de médecin dès qu’on a une grippe et en ce moment les entreprises sont vraiment bien grippées !

S.A. : Et le modèle que l’on défend c’est celui du conseil. Plus on aura de directeurs conseil pour travailler en amont avec nos clients sur leur stratégie, moins il y aura ce besoin d’appel d’offres. Les lignes vont enfin bouger avec une forte montée des sujets liés à la mobilité, la digitalisation des events, la temporalité des prises de paroles, etc. Les annonceurs vont donc également apprendre à travailler autrement.

Avec la création de la marque S’Cape Chaïkana, comment s’articule votre architecture de marques ?

Dans le groupe S’Cape, nous avons désormais la marque conseils S’Cape Chaïkana qui sera le cœur du réacteur et des marques expertes spécialisées dans des métiers spécifiques telles que la marque Xplore pour le tourisme d’affaires, Blue Yellow dans le domaine de la santé et des laboratoires pharmaceutiques et pourquoi pas d’autres secteurs sur lesquels nous réfléchissons avec Vincent pour avoir un spectre complet de tous les métiers du Live. Tout l’intérêt étant de créer des synergies entre S’Cape Chaïkana et ces marques expertes.

S’cape Travel devient Xplore, la toute nouvelle marque voyage du Groupe S’cape. L’activité tourisme d’affaires n’est-elle pas durablement impactée ?

S.A. : Les temporalités de ces métiers sont totalement différentes. Pour organiser des moments de communication relationnelle en dehors de nos frontières avec des clients ou publics étrangers, cela prend énormément de temps. Qui plus est aujourd’hui ! Nous avons énormément de demandes sur 2022 et avons su accompagner nos clients tourisme d’affaires sur de la communication plus traditionnelles en raison de l’impossibilité de voyager. Mais il nous faut être prêts. 

Quels types de demandes vous fait-on en out going ?

S.A. : Nous avons beaucoup de demandes pour des réunions de top managers et des learning expeditions. Nous ferons certainement moins de voyages désormais mais plus qualitatifs. Les déplacements inutiles vont laisser place aux visioconférences mais il y aura des events à l’étranger avec davantage de valeurs.

V.D. : Ce qui est intéressant également dans le voyage c’est qu’il va falloir lui redonner du sens. Il va y avoir une telle montée en puissance des questions RSE et impact carbone qu’on ne fera plus de voyages gratuits. C’est en cela qu’il faut leur apporter du sens et, en la matière, il y a plein de choses à imaginer !

Concernant justement la RSE, où en êtes-vous de la certification ISO 20121 qui est un sujet global pour les agences de LEVENEMENT, l’asso dont vous faites partie ?

V.D. : Le nouvel ensemble que nous officialisons aujourd’hui sera certifié ISO 20121 cette année. S’Cape était déjà en avance sur le sujet et Chaïkana est actuellement sur le plan de formation. Nous tiendrons donc notre objectif d’ici fin 2021.

De quoi ont besoin les entreprises actuellement selon vous ?

S.A. : De présentiel assurément ! Les entreprises n’arrêtent pas de nous demander du présentiel car tous les collaborateurs en ont marre des réunions carrées, même si le digital rend possible un terrain de jeu plus important.

A ce stade, la technologie demeure très limitative et tout ce que nous imaginons n’est pas faisable en raison de contraintes techniques, de sécurité, etc.

A ce stade, la technologie demeure très limitative et tout ce que nous imaginons n’est pas faisable en raison de contraintes techniques, de sécurité, etc. Ce que nous projetons avec Vincent est un retour au présentiel puissant, accompagné de digital pour opérer une ouverture vers davantage de publics. Très concrètement, nous avons déjà beaucoup de demandes sur des formats avec du présentiel sur le dernier semestre 2021.

V.D. : Je suis totalement aligné sur Stéphane, l’attente de se revoir en physique est très forte. De plus, nous croyons que demain nous penserons en 2 dimensions, quand hier nous réfléchissions en une seule dimension, à savoir qu’un event est forcément physique. Demain, en fonction de leurs objectifs de prises de parole, les entreprises se poseront toujours la question de se voir ou de communiquer à distance. Cohabitent donc aujourd’hui ce besoin viscéral de se voir et parallèlement sur le long terme il y aura toujours la question « Quel canal pour quel objectif ? ». Et ça, c’est une donnée totalement nouvelle ! Nous pensons par exemple que la production TV, qui s’est beaucoup développée ces derniers mois, va durer. Ce n’est pas qu’une réponse conjoncturelle. La question de l’omnicanalité est primordiale pour bien appréhender demain.

Vous manquent-ils des briques, des compétences à intégrer au sein du groupe par de la croissance externe notamment ?

S.A. : Oui !! (rires)

V.D. : Comme vous l’avez compris, le groupe S'Cape va réunir un ensemble de marques : S’Cape Chaïkana (agence conseil en stratégie et création événementielle) et les marques expertes, soient sur une cible soit sur un métier. Donc oui, potentiellement, il nous en manque plusieurs. Ce que nous voulons c’est couvrir l’ensemble de l’offre qui puisse répondre aux besoins de communication Live et aux prises de parole. Par exemple, je vous donne un scoop, nous ne sommes pas présents dans le sport aujourd’hui. Il est très probable que prochainement nous le devenions ! Nous adressons un besoin très spécifique des entreprises sur la communication autour du sport, et c’est une autre approche puisque nous allons nous appuyer sur les grands événements sportifs qui vont se tenir dans les années qui viennent. L’idée est donc d’avoir une marque pour cela car sans marque dédiée, il est difficile d’émerger et d’être crédible dans ce secteur. Voilà donc une des pistes de développement – et il y en aura d’autres – mais le ciment de tout cela restera la prise de paroles et la communication en Live. Nous n’avons pas l’ambition d’être une agence 360, l’interne et le corporate demeurant plus que jamais notre cœur de savoir-faire et d’expertises.

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