Entretiens

« La communication quantique est véritablement une évolution de rupture »

Échange avec Frédéric Bedin, président du directoire d'Hopscotch, à l'occasion de la parution d'un ouvrage collectif piloté par le groupe de communication. L'occasion de commencer l'année 2022 de manière inspirante ! 

Publié le 05/01/2022 à 12:16, mis à jour le 05/01/2022 à 16:54.

Frédéric Bedin
© DR

Vous venez de publier un ouvrage collectif intitulé La Relation, le nouvel or des entreprises dans lequel vous posez les bases d’une nouvelle communication quantique et d’une économie de la relation. Comment les définiriez-vous ? 

Tout d’abord, nous avons eu l’idée de ce livre avant la crise du Covid, un ouvrage pour lequel nous avons travaillé en intelligence collective au sein du groupe. Quand la pandémie est arrivée, ce projet nous a permis à maintenir le lien en interne.

Nous avons essayé d’y mettre beaucoup de choses, de l’histoire de la communication au développement de la communication quantique. Cette dernière est véritablement une évolution de rupture qui induit la fin des cibles et la perte d’efficacité des mass médias, au profit des conversations et de la communication relationnelle. Regardez l’univers du luxe qui s’appuie sur le marketing communautaire, les réseaux sociaux, l’événementiel allié au digital pour s’adresser à ses communautés. C’est ce que l’on constate également dans d’autres secteurs comme l’automobile. J’en veux aussi pour preuve l’essor de la publicité programmatique qui s’apparente à de la démassification des campagnes publicitaires. Aujourd’hui, il faut arriver à créer une relation équilibrée entre le diffuseur de messages et son destinataire.

Quel rôle pour l’événementiel dans cette nouvelle donne ? 

L’événementiel est le média le plus intéressant pour animer une communauté puisque cette dernière est prête à le co-construire, à y participer, à le promouvoir. J’évoque souvent « l’effet papillon », l’événement étant le corps du pavillon qui génère le contenu, l’aile de gauche correspondant à toute sa préparation et l’engagement en amont et l’aile droite incarnant toute son amplification médiatique notamment sur les réseaux sociaux. Les influenceurs font partie de cette aile droite du papillon et ils ont besoin des événements pour exister.

Le rôle du communicant aujourd’hui est de faire en sorte que le papillon déploie de belles ailes droite et gauche

En créant des events, les marques aident l’écosystème digital à avoir une raison d’être. Le rôle du communicant aujourd’hui est de faire en sorte que le papillon déploie de belles ailes droite et gauche, quitte à utiliser les médias pour cela. L’événement légitime la prise de parole, la rend tangible. Lorsque vous postez une photo sur Instagram d’un événement auquel vous avez participé, c’est que vous considérez qu’il mérite d’être raconté.

Comment booster l’intelligence collective que vous évoquez, à l’heure où les individualismes semblent primer ? 

Depuis 4 ans, Hopscotch Groupe travaille beaucoup sur les mécanismes de l’intelligence collective. Nous avions fait le constat que notre manière de travailler avec nos clients était désuète, notamment par manque interactions. Aujourd’hui, nous œuvrons en co-construction avec nos clients, en travaillant ensemble sur une courte période pour bien poser les bases de la problématique donnée et ainsi gagner du temps par la suite. Ainsi, nous avons créé notre propre méthodologie de design thinking, sur laquelle nous nous sommes appuyés par exemple pour travailler avec le Medef pour co-construire la REF, un projet qui est allé beaucoup plus loin dans la dynamique de changement que ce que l’on aurait pu proposer spontanément.  

Comment se profile l’année 2022 pour le groupe Hopscotch ? 

Tout d’abord, l’année 2021 se termine assez bien pour nous, avec un très bon second semestre. Notre carnet de commandes montre une forte croissance du métier des RP, des métiers du digital, du social media marketing et de l’influence également, quant à l’événementiel, il n’est pas en croissance en termes de chiffre d’affaires mais l’est devenu en matière de valeur ajoutée. La complexité liée à l’hybridation nécessite désormais des expertises croisées que nous maitrisons parfaitement. La création événementielle et la gestion technologique doivent s’imbriquer parfaitement, et ça nous maîtrisons.

En ce début d'année, nous voyons des clients qui jouent le jeu en modifiant les contours de leur événement...

En ce début d'année, nous voyons des clients qui jouent le jeu en modifiant les contours de leur événement mais sans en changer la date, en passant par exemple en déjeuner ou diner assis au lieu de cocktails. Rappelons que tous les événements en intérieur jusqu’à 2 000 personnes sont autorisés, et jusqu’à 5 000 en extérieur ! Passées les craintes et la dramatisation de la situation, les gens sont en train de revenir à la raison. J’ai bon espoir qu’énormément d’événements soient maintenus, avec bien sûr le respect des consignes sanitaires renforcées. A moyen terme, il y aura le Mondial de l’Auto qui se profile bien, avec un volet exposition et des events hors les murs. Et tous nos festivals se tiendront, comme celui du film policier qui, après Cognac puis Beaune, se déroulera à Reims au mois d’avril. Nous sommes vraiment enthousiastes sur les projets de nos clients et voyons bien un redémarrage des activités à l’international.

Quel vœu formulez-vous pour cette nouvelle année ? 

Je souhaite que, comme après la grippe espagnole et la Première Guerre mondiale, nous vivions une période de forte créativité et que nous soyons capables, tous ensemble, de créer une belle énergie régénérante !

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