Entretiens

« Il est temps et surtout normal que les femmes s’imposent dans la société, et la transforment pour le meilleur. »

Conférence, ateliers pratiques, séances de coaching ou encore tutos ont ponctué la 9e édition de ELLE Active le 9 octobre dernier. Un format protéiforme qui a séduit quelque 12 000 inscrits et dont les contenus sont accessibles en replay. Retour sur événement avec Florence Besson, rédactrice en chef de la diversification de ELLE. 

Publié le 21/10/2020 à 11:40, mis à jour le 04/11/2020 à 19:10.

Florence Besson
© DR

Le 9 octobre dernier se déroulait la 9e édition du forum ELLE Active. Pouvez-vous nous rappeler l’ADN de cet événement ? 
La diversification de nos formats de contenus, avec notamment nos événements, permet d’apporter des réponses pratiques, concrètes, aux problèmes soulevés dans le journal. L’événement a été créé il y a 9 ans par le magazine ELLE pour aider les femmes dans leur vie professionnelle. On constate par exemple qu’il y a toujours un écart très fort de salaire entre les hommes et les femmes, de l’ordre de 18,5%, qu’il faut que les femmes prennent confiance en elles et osent aussi parfois avoir plus de recul vis-à-vis de leur vie professionnelle.

Parmi les différents formats, une grande conférence au CESE avec pour thématique centrale la Responsabilité Sociale des Entreprises.

L’événement a beaucoup évolué au cours des années, avec l’idée maitresse adressée aux femmes qu’il faut croire en soi parce qu’on le vaut bien, comme le dit le slogan de notre partenaire L’Oréal. Et l’on croit plus en soi, aussi, si l’on se sent bien physiquement : lors de cette édition, nous avions beaucoup de partenaires tels que la Vallée Village qui ont permis de concevoir des vidéos sur la mode avec des stylistes de ELLE, des tutos maquillage grâce à L’Oréal, mais aussi des ateliers très pratiques, de coaching sur comment mieux s’affirmer en réunion par exemple. Parallèlement, demeurait toujours une grande conférence au CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) avec pour thématique centrale cette année la Responsabilité Sociale des Entreprises. 

Un format 100% digital cette année en raison de la crise sanitaire. Quels sont les résultats en termes d’audience ? 
Je suis arrivée à la direction de la diversification en janvier et dès le mois de mars nous avons pris la décision de renforcer notre présence sur Internet. Chaque année le Forum regroupe 3 500 personnes mais il était évident que tout ce contenu créé, d’une extrême valeur avec plus de 100 intervenants, devait bénéficier à un plus grand nombre de femmes.

Notre souhait était de dire que les femmes peuvent rebondir, créer leur entreprise, etc.

Puis en septembre, avec la deuxième vague de Covid 19, nous avons pris la décision de passer l’événement en full digital. Nous avons donc filmé beaucoup de personnalités, organisé des webinars, et fait appel à des partenaires nouveaux comme Pôle emploi ou France Invest. Notre souhait était de dire que les femmes peuvent rebondir, créer leur entreprise, etc. De nouveaux ateliers ont été développés ainsi que des séances de coaching personnalisé. Un dispositif repensé et élargi qui nous a permis d’atteindre plus de 12 000 inscriptions, sachant que la plateforme ELLE Active a enregistré quelque 50 000 visites. Le résultat est très satisfaisant pour nous !

Vous êtes-vous fortement appuyés sur les réseaux sociaux pour booster l’audience ? 
Bien sûr nous nous sommes appuyés sur le site Instagram de ELLE, sur Facebook mais c'est aussi avec le site www.elle.fr et le magazine papier, ainsi que la publicité dans d’autres magazines, en multipliant les canaux, que l’on a eu un impact très fort. Et puis nous avions des speakers très prestigieux qui ont relayé l’événement, à l’instar de Camille Lellouche, Delphine Horvilleur, Karine Lemarchand, Stefi Celma ou des chefs d’entreprises comme Pascal Demurger de la MAIF. 

RSE et femmes : pourquoi cette thématique ? 
Nous avons choisi ce thème de la RSE et le slogan « changer l’entreprise pour changer le monde » avec pour objectif que les femmes, par le biais de la responsabilité sociale des entreprises, prennent davantage de pouvoir au sein de ces dernières et changent la façon dont on conçoit le capitalisme, à l’aune d’immenses défis sociaux et environnementaux. Il est important pour un média tel que ELLE de dire aux femmes qu’elle peuvent avoir la carrière qu’elles souhaitent et que leurs attentes ont du sens. 

Les femmes, sont-elles les premières victimes de la crise actuelle ? 
Oui malheureusement, elles sont les plus menacées. Mais la crise peut être une opportunité : créer sa propre entreprise, ou, si on travaille dans une entreprise, se dire que c’est le moment d’imposer plus d’inclusion, de solidarité…

Ce sont ces prises de paroles que nous avons portées, avec beaucoup de sororité et des discours très touchants par leur sincérité. Egalement grâce aux témoignages d’entreprises qui ont changé leur approche de ce qu’est une entreprise à succès. 

Selon vous, quelle est aujourd’hui la principale difficulté pour les femmes en entreprise ? 
Pour les femmes en entreprise mais aussi en général, c’est d’avoir confiance en elles. Et d’oser demander. Nous sommes la première génération qui travaille pleinement et il est temps et surtout normal de demander de l’argent, du pouvoir, de changer les choses.

Faut-il rappeler que d’un point de vue purement statistique, on est là et on ne peut pas faire sans les talents de la moitié de l’humanité.

Faut-il rappeler que d’un point de vue purement statistique, on est là et on ne peut pas faire sans les talents de la moitié de l’humanité. Et nous souhaitions donner la parole aux femmes dans toute leur diversité mais aussi à des hommes car nous avons besoin d’eux également. Mais mettre en avant les femmes reste la priorité du magazine ELLE. 

Un ou deux moments d’ELLE Active que vous nous conseilleriez de revoir en replay ? 
Les ateliers me semblent importants à revoir, notamment celui intitulé « Affirmez-vous » et qui a eu beaucoup de succès. C’est un sujet qui m’importe beaucoup. En termes d’émotions, j’ai été très touchée par Camille Lellouche qui est venue nous parler de ses galères, de son manque de confiance et de son succès qui s’est fait notamment grâce au soutien des autres femmes. Elle est intervenue avec beaucoup de sincérité. Un témoignage important donc pour les autres femmes. Comme celui aussi de la rabbin Delphine Horvilleur ou de Karine Le Marchand.

Est-ce que le Forum va faire vivre ces contenus, et d’autres, de manière pérenne et davantage au long cours ? 
Tout d’abord, nos replays sont accessibles jusqu’à début décembre. Ensuite nous réfléchissons à faire vivre l’événement, ou plutôt nos événements différemment puisque nous en avons d’autres comme celui dédié au Green ou encore celui autour du Zen. Par ailleurs, je souhaiterais que l’on se déplace en France au travers de plus petits événements, toute l’année, et en faisant vivre ce contenu qu’il est hors de question de perdre. 

Evénementiel et diversification des médias, quelle est la stratégie de la marque média ELLE ? 
Nous aurons organisé cette année une dizaine d’événements malgré la crise. L’an prochain, nous espérons évidemment en réaliser beaucoup plus, sans doute dans des formats plus petits, digitaux. L’audience de cette 9e édition de ELLE Active a bien démontré qu’il faut être le plus présent possible pour les femmes et que tout ce travail et ces contenus leur étaient utiles. 

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