L’édito

« L’impact va être fort et durable. Nous allons devoir être imaginatif pour s’y adapter. »

Depuis le début de la crise liée au coronavirus, LEVENEMENT s'engage : cri d'alarme sur la situation de l'événementiel, lettres au pouvoir public, mises en place d'action pour aider la filière... Et maintenant ? MyEventNetwork a rencontré Vincent Dumont, Vice-Président de l'association, pour dessiner les prochaines étapes de la mobilisation et anticiper l'avenir.

Publié le 01/04/2020 à 16:03, mis à jour le 09/04/2020 à 11:26.

Vincent Dumont vice président l'événement
© DR

Suite à votre cri d’alarme, début mars, et à vos courriers au gouvernement, quels sont les retours ? 
De par la nature même de notre métier, nous avons été touchés très vite, très fort et probablement très durablement. Dès le début, la filière événementielle a été en première ligne. Nous nous sommes mobilisés très tôt et nous avons été entendus : l’événementiel a été cité au premier rang des secteurs exposés. Nous avons contribué à la mise en place d’actions immédiates comme l’instauration des délais de paiement des échéances sociales et fiscales, l’assouplissement du chômage partiel, ou encore les aides aux indépendants… Ces actions ont permis de sensibiliser et d’accélérer les choses, et la réponse des pouvoirs publics a été à la hauteur des enjeux.

Aujourd’hui, après ces appels au gouvernement, comment vous mobilisez-vous ?
Nos actions sont multiples, mais portent principalement sur 3 axes : tout d’abord, nous avons créé un site dédié permettant de nourrir en informations sanitaires, sociales, juridiques… les agences, prestataires et les indépendants.
Notre seconde action est de tenter de protéger au maximum les emplois de la filière en appelant les annonceurs à 3 engagements : le maintien des investissements événementiels, gage essentiel de la relance pour les entreprises et les marques, la fidélité aux partenaires actuels en limitant au maximum le recours aux appels d’offres, et enfin, la responsabilité sur les paiements en réduisant les temps de règlement pour ne pas fragiliser davantage les trésoreries de petites et moyennes structures.
Enfin, troisième axe, LEVENEMENT propose sa contribution à la mise en place du fonds de soutien, convaincu de sa nécessité pour accompagner un plan de relance, pour lequel, les compétences des dirigeants et des professionnels de notre filière de communication, en pro bono, pourront contribuer à sa mise en œuvre.

Comment voyez-vous les choses à plus ou moins long terme ?
Une étude réalisée le 25 mars auprès des agences événementielles donne la tendance : la baisse d’activité est estimée à 50% sur l’année 2020 et 30% sur l’année 2021. Cette étude démontre à quel point l’impact va être fort et durable, avec, fait inquiétant, l’annulation ou le report d’événements prévus au second semestre 2020. Il semble inévitable que le marché s’achemine, à moyen terme, vers une réduction en volume et en valeur. Nous allons devoir être imaginatif pour s’y adapter.

Selon vous la relation entre agences et annonceurs est-elle amenée à évoluer ? 
Il semble inévitable en effet, et souhaitable, que les lignes bougent dans le schéma relationnel entre agences et annonceurs, mais aussi entre agences et prestataires et indépendants. S’il est prématuré aujourd’hui d’en dessiner ses nouveaux contours, des axes de réflexions émergent : comment générer plus d’intelligence collective, avoir plus d’approches collaboratives, plus de transparence… La période actuelle a, en cela, une formidable vertu : elle va permettre de se réinterroger sur la probable obsolescence de modèles de collaboration qui étaient à bout de souffle. L’idée est finalement simple : changer de place autour de la table pour s’assoir à côté et non en face !

Un dernier message à faire passer ?
Le mot qui me parait le mieux correspondre à la situation du moment, c’est l’agilité. Les codes changent chaque jour. Il faut désormais oublier les anciens modèles de fonctionnement et agir collectivement, annonceurs, agences, prestataires pour préserver ce qui peut l’être et inventer ce qui doit l’être !

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