L’édito

Cannes, un festival de… contenus !

Glamour, 7e art et business constituaient jusqu’à lors la recette gagnante du Festival de Cannes. Désormais, il faut lui adjoindre l’ingrédient influence et son cortège de contenus qui profitent de ce décor idéalement scénarisé et de sa visibilité mondiale.

Par Laurence Rousseau, publié le 24/05/2023 à 15:36, mis à jour le 24/05/2023 à 16:57.

Cannes, un festival de…contenus !
© Valery Hache

Ainsi, sous les flashs crépitants du tapis rouge du Palais des Festivals, on croise dorénavant Harrison Ford comme Léna Situations. Et les soirées privées font le plein d’influenceurs armés de leur indispensable smartphone. 

Pas étonnant que depuis l’an dernier TikTok soit l’un des sponsors officiels de la manifestation. D’ailleurs le réseau social y organise en marge de la compétition sa propre remise de prix, le #TikTokShortFilm. De leur côté, YouTube et Instagram ne sont pas en reste, ayant aussi leur lot de vidéastes et producteurs de contenus. 

Cette médiatisation augmentée de l’événement semble faire le bonheur de toutes les parties prenantes. Le bonheur de ses organisateurs qui cherchent à rajeunir l’audience d’un festival lancé en 1946. Celui de Cannes qui cultive avec soin son positionnement de destination incontournable des industries créatives. Celui des médias traditionnels et en particulier des chaînes de France Télévisions qui déclinent, plutôt avec habileté, leurs émissions phares et créent des contenus additionnels avec Brut. Celui de TikTok qui, le temps du festival, fait oublier ses interdictions d’utilisation qui se multiplient. Celui des marques enfin - et elles sont nombreuses - qui profitent des hommes et femmes sandwichs des temps modernes pour promouvoir leurs produits. 

Reste que l’univers du cinéma et celui des réseaux sociaux avancent sur des rails différents. Pas sûr qu’un tuto expliquant comment enfiler en deux-deux sa robe de gala fasse utilement la promotion de la production cinématographique. Pas certain non plus que les Ken Loach et autres Wim Wenders, vieux habitués du festival, captent l’attention de la Gen Z et la fassent revenir dans les salles de cinéma. A suivre ce qui ressortira à moyen terme de ce maëlstrom. En attendant, démonstration est faite une fois encore que l’événementiel est un médium star pour alimenter la production de contenus.

À lire aussi

Image
Il y a toujours un plan B

Il y a toujours un plan B

J-100. La flamme olympique s’est allumée en Grèce, acte symbolique et dernière ligne droite d’une...