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« Pour lancer un magazine, il faut faire confiance à son intuition. Avec un test, So Foot n’aurait jamais vu le jour. »

Présent à DemainLaPresse le 7 novembre dans les locaux d'IPG Mediabrands, Franck Annese, Fondateur de So Press (Society, So Foot, So Film...), est venu expliquer le fonctionnement de son groupe de presse, et analyser les raisons de son succès dans un marché réputé difficile. Rencontre. 

Publié le 13/11/2019 à 17:49, mis à jour le 13/11/2019 à 17:49.

#DemainLaPresse - 7 novembre 2019
© Teads

Vous étiez présent lors de #DemainLaPresse, qu’en avez-vous retenu ?
C’est toujours agréable de voir qu’il y a de l’intérêt pour la presse. Je suis intervenu aux côtés de Laurent Blanc, fondateur d’IDEAT Editions. Nous fonctionnons selon deux modèles différents, puisque le sien est basé sur la publicité, tandis que nous faisons face à un enjeu de lectorat. 

Vous êtes intervenu lors d’un débat sur la réinvention de la presse magazine. En effet, dans un marché réputé difficile, So Press a lancé plusieurs magazine avec succès. Comment l'expliquez-vous ?
A So Press, nous ne faisons ni test marketing, ni numéro zéro avant de lancer un nouveau magazine. Quel est l’intérêt de demander à des gens de tester quelque chose qu’ils ne connaissent pas ? Notre métier, c’est d’inventer de nouvelles façons de raconter les choses. Avec un test, So Foot n’aurait jamais été lancé : personne ne croyait en un bi-hebdomadaire prenant le prisme du football pour raconter la société. Et résultat : So Foot est largement debout, leader de son marché ! Il faut croire en ses intuitions, à l’invention.
Par ailleurs, nous n’avons pas une rédaction dédiée par magazine, mais une rédaction globale, pour l’ensemble de nos supports. C’est ce qui nous permet de lancer des nouveautés et de les arrêter si ça ne fonctionne pas : personne n’est licencié. C’est un luxe.

Pourtant, peu de nouveaux titres arrivent à percer. L’an dernier, Vraiment ou Ebdo par exemple, n’ont pas survécu…
Ebdo avait une bonne idée, en voulant sortir la presse des centre-villes et s’adresser à un public moins urbain. C’était une bonne intuition qui a enthousiasmé les gens avant le lancement mais le résultat n’était pas à la hauteur.
Le marché de la presse est difficile. Il faut faire ses preuves à chaque numéro, créer l’événement. On ne peut plus se reposer sur des marronniers… Pour Society par exemple, nous savons que nos lecteurs achètent 4 ou 5 numéros dans l’année en moyenne, alors même que nous avons réussi à instaurer un ton, une fidélité. 
Malgré tout, je trouve que la presse se réinvente régulièrement, de nouveaux magazines voient le jour en fonction des tendances. La presse est là pour raconter l’information, elle n’est pas juste une caisse de résonnance. Tant que le public payera pour l’information, il sera possible de la produire. 

Votre groupe So Press semble aller à contre-courant en privilégiant le print…
So foot, Trash Talk font beaucoup de trafic sur le digital. Nous produisons également des podcasts, des films… Chaque média est travaillé différemment. Le papier a son intérêt économique ainsi qu’en termes de récit, et il n’y a de raison d’arrêter si ça marche. 
Quant à moi, tant qu’on peut raconter des histoires, ça me va.

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