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Faire parler ne suffit pas pour faire le succès d’un salon

Comme 75 000 « visiteurs », nous avions notre accréditation au CES et nous avons essayé de comprendre le chemin, de saisir les nouveautés : nous nous sommes vites arrêtés, découragés car sans repères. Nous avons été relancés régulièrement par l’organisation et par quelques marques. Sans succès probant, je l’avoue.

Par Xavier Dordor, publié le 20/01/2021 à 14:50, mis à jour le 20/01/2021 à 17:12.

Faire parler ne suffit pas pour faire le succès d’un salon, un édito de Xavier Dordor
© DR

Peut- être un visiteur habituel du salon physique de Las Vegas était-il mieux armé, je peux l’admettre. Mais si j’en crois le compte rendu des spécialistes du CES, je ne suis pas le seul.

Alors oui, qu’il y ait eu 69 467 visiteurs au final, près de 180 000 visites selon les autres, 1 960 non, 1 959 exposants selon d’autres sources au lieu des 4 500 exposants habituels et qu’on m’agresse par ces chiffres gigantesques, ne me satisfait pas.

Pire, qu’il y ait eu 254 300 tweets émanant de 91 834 personnes dont 18 000 venant de l’hexagone (Cocorico la France est 2e derrière les USA) parlant du CES, que BMW ait été la première marque sur Instagram avec 290 733 likes à propos d’une nouvelle expérience de conduite présentée au CES… n’en jetez plus… je suis abasourdi.

Malgré ces chiffres planétaires, le succès n’était sans doute pas au rendez-vous. Dix mille raisons. Peut-être parce qu’on perd sous les quantités, la pertinence de « l’expérience salon ». Déjà quelques grands messes techno internationales dont le CES souffraient… de dépersonnalisation par gigantisme et de manque d’intérêt parfois du fait du caractère hétéroclite créé pour faire du chiffre. Le vers est dans le fruit et en plus il est atteint par la Covid. Des alignements de logos que je ne connais pas sur des écrans même géants ne ressemblent en rien à des discussions au fil des allées. La visite d’un salon se prépare, je sais, on regarde qui on veut voir … et on en découvre aussi d’autres par hasard ou par des petits riens qui créent des opportunités. Ici, l’expérience est usante et usée. 

Je pense que si, pour des raisons sanitaires, on doit avancer dans cette direction de la virtualisation des salons, il faut enrichir l’expérience - et on commence à voir des réalisations concrètes pas seulement des projets - mais peut-être faut-il aussi se concentrer sur des univers de marché ou d’enjeux plus restreints et plus homogènes. Ou l’humain peut reprendre l’initiative.

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