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Delphine Remy Boutang : « La crise est l'occasion de se réinventer »

Face à l'annulation de son événement, l'équipe de The Bureau, organisateur de La Journée de la Femme Digitale, a rapidement mis en place des live numériques chaque semaine, et a diffusé en direct la cérémonie des Margaret, qui récompense les femmes entrepreneures d'Europe et d'Afrique. Avec toujours le même objectif : mettre en lumière des « role models » de femmes pour un monde plus inclusif.

Publié le 13/05/2020 à 18:00, mis à jour le 13/05/2020 à 18:02.

Delphine Remy Boutang la journée de la femme digitale
© DR

Comment avez-vous réagi suite à l’interdiction des rassemblements ?
La Journée de la Femme Digitale a eu lieu différemment, avec plusieurs dates et plusieurs moments. La crise a montré que le numérique était incontournable et qu’il était plus que jamais important de mettre en avant des « role models », afin que les femmes soient plus présentes dans ce secteur. Nous avons d’ailleurs malheureusement constaté que, durant cette période, les femmes ont été sous-représentées. 
La Journée de la Femme Digitale a démarré dès le 9 octobre avec le lancement presse en présence de notre marraine et de Cédric O qui nous a beaucoup soutenu. Puis, le 4 mars, nous avons présenté notre manifeste pour un monde digital inclusif et la campagne « La parité n’attend pas 2120 », selon laquelle si l’on ne fait rien, la parité sera atteinte dans 100 ans. La JFD, c’est aussi un club, avec des événements mensuels que nous avons maintenus en virtuel : les Affirmativ Act Diner, sur le principe des « affirmative actions », c’est-à-dire que les femmes doivent se soutenir entre elles. 
Enfin, nous avons instauré des rendez-vous : la remise des prix des Margaret en direct et des live deux fois par semaine. 

Justement, comment avez-vous mis en place ces live ?
Nous avons commencé à proposer des live sur Instagram tous les lundis à 18h, puis en simultané sur Facebook, Twitter, Youtube : des interviews en duo ou trio avec des speakers qui auraient dû être présents à la JFD, comme lors de notre live avec Orange et Maddyness pour le lancement de la série documentaire Panorama sur les femmes entrepreneures, ou comme le 21 avril, pour la remise de prix les Margaret. Enfin, nous avons instauré, chaque mercredi, des « expériences » et des masterclass. 
Au final, nous avons touché beaucoup plus de personnes sur le digital que lors de notre événement physique. La remise des Margaret a réuni 12 500 personnes en simultané sur toutes nos plateformes. 

Comment voyez-vous la sortie de crise ?
La crise est le moment de se réinventer. Il faut prendre ça comme un cadeau. D’abord, c’est un message de la nature. Ensuite, il faut signaler que les pays qui sont le moins touchés sont gouvernés par des femmes. Je pense qu’il faudra voir les choses autrement à la sortie de cette crise. Il faudra combattre ceux qui voudront recommencer comme avant. 
Concernant l’égalité hommes femmes, la crise a montré qu’il y avait encore du travail. 

Cela vous amène-t-il à repenser la prochaine édition de la JFD ? 
La Journée de la Femme Digitale évoluera au fil du temps. Je ne sais pas si l’événement physique, tel qu’il avait lieu auparavant pourra perdurer. Peut-être qu’il faudra imaginer de plus petits événements ? Ce qui est sûr, c’est que nous serons là, digitalement : nous avons toujours fait du live stream, des activations digitales…  Et la JFD ne changera jamais dans l’esprit. « Empower women to change the world. » : c’est seulement quand nous arriverons à atteindre notre but d’un monde digital plus inclusif, plus égalitaire, que nous cesserons d’exister. 

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