Entretiens

« Même en période difficile, la reprise de la publicité passe par le fait qu’elle soit loyale » 

Comment la crise sanitaire a-t-elle impacté le secteur de la publicité ? Quelles ont été les actions de l'ARPP durant cette période ? Stéphane Martin, Directeur Général de l'ARPP, a répondu à nos questions et, entre formations, conseils, et tendances, nous donne sa vision de l'avenir post-Covid. Entretien.

Publié le 27/05/2020 à 16:03, mis à jour le 04/06/2020 à 09:51.

Stéphane Martin ARPP
© DR

Quelles ont été les actions de l’ARPP durant la crise sanitaire ?
L’ARPP le 13 mars a pu activer son plan de continuité d’activité et maintient tous ses collaborateurs en télétravail pendant la phase de l’état d’urgence sanitaire fixée au 10 juillet. Le télétravail avait déjà été mis en place auparavant et nous avons pu continuer l’accompagnement des campagnes avant diffusion. Nous avons également maintenu les activités de nos instances associées. 
Nous avons effectué une veille renforcée sur tout ce qui pouvait surfer autour du Covid, grâce à une technologie d’intelligence artificielle pour faciliter la détection de manquements généralisés. 
Par ailleurs, afin de continuer à présenter ce que fait l’ARPP, nous avons mis en œuvre une campagne d’outils pratiques : supports d’accompagnement, explications techniques d’accès à la plateforme ARPP.pro, tutoriels... Nous avons également développé de petites pastilles, baptisée « Le saviez-vous ? » sur la page Instagram de l’ARPP. La profession peut nous poser ses questions via Messenger et Facebook. Et sur notre blog nous avons publié de nombreux articles liés à la communication au temps du Covid, pour marquer les points d’attention : ne pas être opportunistes, rappeler les règles concernant les masques qui sont des dispositifs médicaux, l’attention portée à la communication financière et sur les sciences occultes qui nécessitent de la vigilance... Nous sommes parfaitement dans notre rôle. Même en période difficile, la reprise de la publicité passe par le fait qu’elle soit loyale et qu’il n’y ait pas quelques acteurs qui polluent par de mauvaises pratiques ou escroqueries pour que les vrais acteurs puissent disposer d'un espace de communication.

Vous avez lancé des formations en ligne ?
Nous avions développé l’an dernier un e-learning avec Media Institute, car la demande de formation en ligne existait. Nos adhérents ne sont pas tous à Paris, certains sont en région, et 9% d’entre eux sont à l’étranger. 
Nous allons maintenir ces formations à distance, même s’il ne faut pas tomber dans le tout digital. Rien ne remplace une dynamique de groupe quand c’est possible. Nous allons conserver le meilleur de cette épreuve, continuer à proposer des modules de formation à distance, et proposer des ateliers online intra-entreprises. La publicité évolue beaucoup, il est essentiel de continuer à se former, à se perfectionner. 

Avez-vous noté de nouveaux besoins, voire de nouvelles tendances durant cette période ? 
Il y a des questionnements : faut-il continuer à montrer les gestes barrière ou pas dans les messages ? Comment représenter les transports en commun ? Notre regard de citoyen a changé : on ne peut plus montrer de grandes embrassades par exemple. 
De même, nous notons la prise de conscience de la nécessité d’une autre manière de consommer : relocalisée, plus durable. Dans le secteur de l’automobile, la communication est forte sur les nouvelles motorisations par exemple. Tout cela était pré-existant mais le Covid a accéléré les choses. 
Enfin, nous allons probablement assister à un rééquilibrage des supports publicitaire : TV, presse, radio, digital, cinéma. Même si, pour l’ARPP, les règles que la profession se fixe s’appliquent, quel que soit le support. Et si la publicité n’est pas loyale, le consommateur réagit, que ce soit sur un Snap ou à la TV. 

Comment voyez-vous la reprise ? 
Nous restons toujours en deçà de l’an dernier, même si la baisse de la communication publicitaire parait moins cruelle qu’elle a pu l’être. 

 

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