Entretiens

“Plus que jamais, Innov’Audio propose la “big picture” du marché de l’audio digital français.”

Désormais l'événement Innov'Audio s'écrit à quatre mains. Jean-Paul Dietsch, DGA de l’ACPM et Julien Rosanvallon, DGA de Médiamétrie nous expliquent le pourquoi de cette co-construction et les enjeux du secteur de l'audio digital. 

Publié le 30/11/2022 à 15:31, mis à jour le 30/11/2022 à 21:55.

Julien Rosanvallon et Jean-Paul Dietsch
© DR

5e édition pour Innov’Audio, rendez-vous dédié à l’écosystème de l’audio digital français. Un événement co-construit cette année avec Médiamétrie. Pourquoi ce rapprochement ? 

Jean-Paul Dietsch : Créé par l’ACPM il y a cinq ans, Innov’Audio avait reçu Médiamétrie en invité dès sa première édition. Une manière de montrer au marché que nous travaillons sur des projets complémentaires. Par la suite l’événement a pris de l’ampleur avec d’autres partenaires, mais il nous est apparu légitime de proposer à Médiamétrie de co-construire avec nous Innov’Audio car les deux entités sont des acteurs importants, avec pour chacun des outils et approches différentes, de la mesure d’audience des médias de l’audio digital. Un rapprochement qui s’inscrit également dans un moment où il fallait rassurer le marché, notamment publicitaire, et lui proposer en quelque sorte la “big picture” du marché de l’audio digital. La dynamique de ce marché est réelle notamment la radio en live sur internet qui a progressé de 30% depuis 2019, les Podcasts sont également en plein essor. 

Notons par ailleurs que nous y associons un 3e grand acteur, à savoir Kantar qui viendra nous présenter les dernières innovations sectorielles. 

Julien Rosanvallon : Le marché de l’audio est en pleine mutation. Les usages numériques de l’audio pèsent de plus en plus. Près de la moitié du volume d’écoute de l’audio correspond à du digital. La Radio, en direct et à la demande représente une part significative de l’audio : 57% de l’écoute. La couverture de la radio digitale est d’ailleurs en nette progression,47% des internautes 15 ans et + l’écoutent au moins une fois par mois contre 43% en 2021. Toutes ces évolutions appellent à une mesure d’audience neutre, indépendante et transparente de cet écosystème, que des acteurs tels que Médiamétrie et l’ACPM peuvent apporter. Et comme le rappelle Jean-Paul, nous collaborons avec l’ACPM depuis de nombreuses années et souhaitons poursuivre cette collaboration dans l’univers de l’audio. Désormais, nous allons donc un peu plus loin dans ce sens.

Est-ce le signe d’une réflexion vers une mesure d’audience unifiée ? 

J.R. : La mesure de la radio et de l’audio est en pleine évolution, notamment depuis le lancement en septembre d’une mesure automatique qui apporte de nombreux bénéfices au marché. Tout d’abord, la mesure permet un suivi au long cours sur l’année. Par ailleurs, nous pouvons atteindre une plus grande finesse d’analyse et  distinguer les différentes sources et composantes de l’écoute. Nous allons ainsi pouvoir mesurer l’apport de l’audio digital dans la consommation globale. D’autre part, Médiamétrie et l’ACPM continuent de travailler sur les enjeux data en récupérant les données des podcasts, du live streaming, et en produisant des classements. Nous réfléchissons d'ailleurs à un rapprochement de nos communications de résultats afin de donner davantage de transparence au marché. 

Cette collaboration est donc assez unique et pourrait aller plus loin sur d’autres typologies de médias et de mesures. 

J-P. D. : Nous n’avons pas d’annonce particulière à faire au-delà de la co-construction de notre événement, mais nous montrons que nos périmètres sont complémentaires, à l’instar de ce que nous réalisons depuis plus de 7 ans sur la mesure d’audience Internet, à savoir la participation à l’hybridation de sa mesure basée sur les logs ACPM et le panel MNR. Dans un contexte où le digital devient hégémonique, il est important d’avancer dans la même direction. Cette collaboration est donc assez unique et pourrait aller plus loin sur d’autres typologies de médias et de mesures. 

La vitalité du secteur est réelle, la radio maintenant ses audiences et les podcasts connaissant un véritable succès. Qu’en est-il en termes de business model et de monétisation des podcasts ? 

 J.R. : Sans entrer dans le détail du business model, il est certain que les usages des podcasts se sont fortement développés.

Mais, pour qu'un marché publicitaire émerge, il est nécessaire de mettre à disposition du marché des mesures d’audience neutres et indépendantes les plus fines possibles. Il existe des mesures sur les podcasts et le nombre de téléchargements par exemple. Nous frappons à la porte des grandes plateformes de diffusion depuis plusieurs années pour essayer de collecter des datas supplémentaires qui upgraderaient  nos propres données. Jusque là, ces grandes plateformes ne partagent que très peu de leurs données. Nous réfléchissons donc à de nouveaux systèmes de mesure qui nous permettraient d’atteindre un niveau de finesse d’analyses plus important. C’est un enjeu clé pour l’univers de l’audio, au même titre que le cross-média qui, appliqué à l’audio digital, répond à de véritables attentes du marché publicitaire. 

Rappelons que la radio et l’audio sont des médias qui peuvent être consommés sur le plus grand nombre d’écrans et de supports différents, au-delà de la vidéo.

Quelles sont les innovations du secteur en termes d’offre mais aussi d’usages ? 

J.R. : Rappelons que la radio et l’audio sont des médias qui peuvent être consommés sur le plus grand nombre d’écrans et de supports différents, au-delà de la vidéo. Il y a par exemple les enceintes connectées, nouveaux supports qui se développent et sont potentiellement de nouveaux vecteurs de diffusion de l’audio. La voiture connectée apparaît aussi comme un nouveau territoire dont il faudra suivre les évolutions d’usage, sachant que l’écoute de la radio en voiture a toujours été importante.  

J-P. D. : De notre côté, nous constatons que l’audio digital touche tout type d’éditeur et de média. Par exemple, les éditeurs de presse développent  des podcasts natifs. Cette année nous avons souhaité lors de cette édition mettre en avant les nouvelles offres (avec notamment la publicité audio dans le gaming…), les évolutions des usages (audio embarqué) ainsi que les nouveaux créateurs de contenus.

Innov’Audio se clôturera avec la remise des Etoiles de l’ACPM. Que récompensent ces prix ?   

J-P. D. : Les Etoiles de l’ACPM existent depuis 35 ans et historiquement elles récompensent les meilleures progressions de la presse. Lorsque nous avons commencé à travailler sur le contrôle du streaming de la radio, le marché nous a réclamé des prix dédiés. Innov’Audio a donc été l’écrin naturel de ces Etoiles. 

Cette année, nous allons avoir le plaisir de remettre 3 étoiles radios pour récompenser les plus fortes progressions de la marque radio et de la constance dans le succès, et nouveauté cette année, il y a également une 4ème étoile dédiée au Podcast sur la base du nombre de téléchargements dans l'année. Pour concourir, il faut bien sûr que les données soient certifiées. Tout ceci s’inscrit évidemment dans la démarche de transparence prônée par l’ACPM. Par ailleurs l’ACPM va intégrer prochainement dans sa base de données grand public : le Décisionnel ACPM, les chiffres des Podcasts et Radios certifiés à la demande du marché.

S'inscrire à l'événement : https://bit.ly/3GZGlwo

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