Entretiens

« Nous collons aux besoins métiers, créatifs et méthodologiques des event managers »

Les plateformes digitales sont venues à la rescousse des organisateurs d'événements avec des services de plus en plus pointus. On en parle avec Eric Vence, CEO d'Eventdrive, entreprise leader des event management software. 

Publié le 03/02/2021 à 12:40, mis à jour le 04/02/2021 à 10:20.

ERIC VENCE
© DR

Acteur de l’EventTech, quel est le positionnement d’Eventdrive ?
Eventdrive est un event management software créé en 2016 qui a pour vocation d’aider les event managers dans la conception de leurs événements virtuels, hybrides et en présentiel.

Nous nous reposons sur des savoir-faire qui se complètent, principalement autour de 5 briques : l’event management pour designer les événements, l’event marketing pour gérer la communication et les inscriptions. Ensuite nous avons la brique Live, sur laquelle repose en grande partie la nouveauté. Enfin, deux autres briques historiques, la partie expérience Live via les smartphones, et le volet analytics et reporting afin de piloter ses datas.

Qu’est-ce qui a évolué, notamment depuis l’année dernière ?
Avec l’arrêt des événements physiques, nous avons vu nos clients s’organiser pour travailler depuis chez eux et faire migrer leurs petits events sur des outils de visioconférence. Les event managers se sont transformés en opérateurs Zoom en quelque sorte. Outre que ce n’est pas leur métier, cela a donné lieu à une baisse de qualité dans la production et l’expérience. Nous avons donc travaillé avec les event managers afin de développer des outils plus en phase avec les prochains challenges de leur métier. Notamment en mettant l’accent sur l’identité de marque de nos clients, le branding de leurs events, ce volet étant très important pour nos interlocuteurs qui viennent de la communication. Ensuite, la partie amont de l’événement est cruciale et les plateformes type Zoom ou Teams répondent mal à ce besoin, ainsi que la centralisation de toutes les données, le traitement et la sécurisation de ces dernières.

L’expérience participant doit rester, comme d’habitude, au cœur des préoccupations des event managers quel que soit le format de l’événement.

Enfin, l’expérience participant doit rester, comme d’habitude, au cœur des préoccupations des event managers quel que soit le format de l’événement. A l’instar de l’interface Netflix, nous proposons aux participants d’évoluer dans un événement digital, de naviguer de salles en salles en appuyant simplement sur le bouton « next session ». Nous collons donc aux besoins métiers, créatifs et méthodologiques des event managers.  

Quelles autres « briques » pourraient voir le jour dans vos offres ?
Outre le chalenge technologique, les nouvelles fonctionnalités doivent être pensées sous l’angle événementiel et non de la réunion. Par exemple, nous proposons désormais aux intervenants de se retrouver en coulisses (en visio) pour un brief avant leur prise de parole. Ainsi, nous regardons les codes des métiers du spectacle vivant, du théâtre et de la télévision par exemple pour les adapter au digital.

Je fais partie de ceux qui pensent que l’aspect networking ne sera pas reproductible dans les events à distance. Ni que tous les événements en ligne doivent ressembler à la vraie vie. En revanche, il faut exploiter différemment le fait que les publics soient ensemble en osant les workshops, la co-construction, etc. Et oser prendre des risques autour de formats à faire évoluer ou à inventer. La plateforme événementielle devra répondre à ces besoins et rendre leur réalisation simple.

Quels retours vous font vos clients ?
Nous constatons le passage des outils de visio vers des modèles plus qualitatifs, avec une image de meilleure qualité, et une complexité plus importante qu’un simple webinar. Les event managers recommencent à tester des formats plus audacieux, nous voyons donc tout juste comment va évoluer la demande des clients et le marché en général.

Justement, comment pensez-vous que le marché va s’adapter ?
Nous formulons plusieurs hypothèses. Tout d’abord, nous allons pouvoir retrouver des événements qui offrent davantage de personnalisation sur les contenus et l’expérience. Et retrouver également l’interactivité que personne n’osait vraiment tester aux premiers temps de la crise. Aujourd’hui, les organisateurs réintroduisent des sessions de votes, de quizz, des modules que nous connaissons depuis 10 ans.

L’événement physique d’une journée pendant lequel l’audience pouvait bouger n’étant plus à l’ordre du jour, il faut repenser la cadence pour maintenir l’attention.

Il faut adapter les formats. L’événement physique d’une journée pendant lequel l’audience pouvait bouger n’étant plus à l’ordre du jour, il faut repenser la cadence pour maintenir l’attention. Pour cela, l’interactivité est très efficace car elle permet de ponctuer les différents moments, avec des sessions plus courtes. Cet engagement nous paraît d’autant plus nécessaire que l’immersion n’est pas la même derrière un écran.

L’hybridité impliquera davantage de captations et de création de contenus réutilisables par la suite. Ce qui est certain à mon sens c’est que les événements hybrides vont décoller car tous les critères de l’équation sont désormais là. Passée l’épidémie, les questions de transport, d’énergie, de temps, etc. entrent en ligne de compte.

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