Entretiens

« L’enjeu aujourd’hui, c’est de transformer l’essai et de favoriser l’émergence de licornes européennes. » 

Le France Digitale Day réunit chaque année 3000 acteurs de la Tech européenne, pour une journée dédiée à la fois au business et aux partages d'expériences entre pairs. Nicolas Brien, CEO de France Digitale, organisateur de l'événement, évoque ses temps forts et objectifs, et revient sur les défis que doivent relever les start-ups françaises.

Photo de Nicolas Brien
© DR

Quel est le principe du France Digitale Day ?
Le "France Digitale Day" est littéralement le jour de France digitale, c'est à dire la journée que l'on propose à notre écosystème pour se rassembler. Depuis deux ans, le réseau France Digitale a triplé , et on peut dire en 2019 que le France Digitale Day est désormais la réunion de rentrée des fondateurs de start-up, souvent venus des quatre coins de l'Europe.
La promesse est simple : les fondateurs sont là pour parler aux fondateurs. Nous n’essayons pas de battre des records d’affluence et bien au contraire nous limitons à 3000 participants, essentiellement des adhérents de l’association. France Digitale, ce sont 1400 fondateurs de start-ups et une centaine de capital-risqueurs. 
Parmi les speakers, une vingtaine de créateurs de licornes font le déplacement pour l’occasion, avec par exemple iZettle, licorne suédoise de la fintech acquise par Paypal, LastMinute, vétéran de la Tech, ou encore Meero, la dernière licorne française.

Quels sont les temps forts de cette journée ?
Les retours d’expériences de fondateurs font vraiment partie des moments les plus prisés. A travers ces conférences, ils répondent à des questions que tout fondateur peut se poser. Les interactions avec la salle sont nombreuses, ce ne sont pas des cours magistraux.
Autre temps fort : des rencontres en one to one sont organisées avec des capital-risqueurs. Pour cela, les participants s’inscrivent en amont sur une plateforme de match-making qui leur suggère des rendez-vous avec des VC. C’est un des enjeux des start-ups : réussir à grandir, et à lever des fonds.
Enfin, nous proposons des rencontres entre start-ups et grands groupes. Nous effectuons une sélection des entreprises, pour s’assurer qu’elles aient des projets concrets.  

Est-ce un objectif affiché de favoriser l’émergence de licornes européennes ? Plus globalement, l’avenir des start-up passe-t-il forcément par l’Europe ?
Ce type d’événement favorise l’émergence de champions européens du numérique. De belles histoires s'écrivent au France Digitale: c'est ainsi que la fondatrice de la startup britannique Olio a rencontré le fondateur de Blablacar Frédéric Mazzella, qui siège désormais à son board. C'est là que l'ancien CDO de l'Italie Diego Piacentini a décidé de travailler avec la startup Apolitical.  

L’an dernier, le France Digital Day a battu son record d’affluence. Êtes-vous devenu « the place to be » pour les acteurs de la Tech européenne ? La France est-elle devenue incontournable pour les acteurs de ce secteur ?
La France a toujours été une terre d’innovation, mais il y a indéniablement une accélération. VivaTech a permis d'attirer l'attention du grand public sur un écosystème qui reste assez petit. Le lancement de Station F et l'élection d'Emmanuel Macron ont aussi participé à cet effet d’image. Les fonds d’investissement internationaux regardent plus attentivement la place de Paris. Mais l’enjeu aujourd’hui, c’est de transformer l’essai et de favoriser l’émergence de licornes européennes.

Durant le France Digitale Day, il s’agit de discuter des dernières tendances de la Tech et du futur de l’innovation. En tant que CEO de France Digitale, quelles sont selon vous ces tendances et les innovations à venir ?
J’en vois trois.  
Tout d’abord, la barrière historique entre start-ups du digital et startups de la medtech est progressivement en train de s’estomper. Certains fonds d’investissements auparavant exclusivement dédiés au digital se positionnent aussi sur la biotech. Un certain nombre de start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle s’intéressent de près aux données de santé…
La deuxième tendance très forte, c’est la quête du sens qui anime de plus en plus les fondateurs. Les questions de l’impact social et environnemental sont au cœur des business model, avec l'émergence de très belles entreprises comme Openclassroom, Doctolib, Backmarket, etc...
Enfin, la pénurie des métiers numériques est au cœur des préoccupations de notre écosystème. Les tensions sur le recrutement sont assez fortes, et pas uniquement sur des métiers très techniques ou scientifiques. C’est un sujet de fond qui touche tous les métiers: sales, marketing, UX design, etc.  

En plus du France Digital Day, France Digitale organise également le France Digital Tour. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?
Le France Digitale Tour découle d’un constat extrêmement simple : 40% des start-ups françaises sont basées en région, tandis que 95% des investisseurs sont à Paris. Le France Digitale Tour a pour objectif d’organiser dans les 6 grandes métropoles de régions, des rencontres privilégiées entre les investisseurs et les entrepreneurs locaux.

Selon vous quels sont les enjeux à venir pour la tech française, et plus largement pour la Tech européenne ?
Le grand enjeu selon moi est de savoir si l’on est capable de construire des entreprises de tailles mondiales. Je pense que c’est à portée de main. 

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