Entretiens

« Moins de 1% des profils issus de la diversité sont à des postes de décision chez les professionnels de l’événementiel »

Professionnelle de l’événementiel basée à Londres, Ashanti Bentil-Dhue met toute son énergie dans l’accès aux postes de décision des femmes et des minorités au sein du secteur des events. Un combat de longue haleine mais qui commence à porter ses fruits.

Publié le 19/02/2021 à 14:17, mis à jour le 02/03/2021 à 10:56.

portrait Ashanti Bentil
© DR

Depuis quand travaillez-vous dans le secteur des events ?
J’ai intégré l’industrie des events il y a cinq ans, avec deux activités principales. Tout d’abord, je dirige Event Mind qui aide les entreprises dans l’organisation de leurs events et d’autre part je participe à ce que le secteur fasse une place plus grande à la diversité et à l’inclusion. Avec l’association Diversity Ally, nous organisons des events sur ces sujets pour promouvoir la diversité dans l’événementiel.

Vous avez fait rapidement le constat que ce secteur manquait de diversité, que ce soit envers les femmes ou les personnes de couleur ?
En effet. Actuellement, l’industrie des events œuvre activement pour insérer davantage de femmes et de personnes issues de la diversité dans les sphères supérieures et décisionnaires des entreprises. Mais il faut bien reconnaitre qu’aujourd’hui il y a moins de 1% de ces profils à des postes de décision chez les professionnels de l’événementiel. Nous essayons donc de trouver des moyens efficaces pour les inclure davantage dans la chaîne de valeurs, que ce soit dans des fonctions marketing ou encore dans les listes de conférenciers qui interviennent sur les events. C’est une problématique qui n’est pas propre à la Grande-Bretagne, chaque pays ayant ses différences culturelles, mais bel et bien un sujet mondial. D’ailleurs nous travaillons conjointement avec de nombreuses associations et réseaux internationaux. Toutes les études qui ont été réalisées font le même constat donc nous devons travailler davantage pour inclure le plus de personnes possibles dans cette belle aventure qu’est l’événementiel.

A quoi sert l’association que vous avez créé ?
Diversity Ally, que j’ai créé avec Gabrielle Austen-Browne, est venu combler un manque. Notre philosophie se veut ancrée sur des valeurs RSE partagées avec les entreprises qui travaillent avec nous. Nous avons une approche holistique, étayée par des recherches et des études sur l’industrie, des données des entreprises, etc. Par ailleurs, nous réalisons un benchmark pour identifier les critères permettant d’inclure plus aisément les personnes issues de la diversité.

Voyez-vous la situation évoluer et les organisateurs plus soucieux de diversité ?
Oui, en particulier au cours de l’année dernière durant laquelle les organisateurs ont veillé à faire appel à davantage de femmes et de profils diversifiés notamment chez leurs speakers.

Le sujet même de la diversité est devenu une thématique régulièrement évoquée dans les contenus des events

Le sujet même de la diversité est devenu une thématique régulièrement évoquée dans les contenus des events. Il y a donc des efforts qui sont faits et c’est en partie le résultat du travail que nous menons et que nous relatons notamment dans nos blogs ou au travers de notre livre blanc. De plus en plus d’entreprises nous interrogent et nous les aidons à déterminer les meilleurs profils en fonction de leurs besoins.

Etes-vous optimiste quant à cette prise en compte de la diversité, notamment avec la montée de la nouvelle génération ?
Absolument ! Je pense que la jeune génération de collaborateurs va se défaire des anciens modèles, créer un monde plus diversifié et s’investir dans des events à leur image. Les jeunes sont globalement optimistes et ont l’énergie pour faire bouger les choses. Et c’est ce qui va se passer ! Pour ma part, je vais continuer d’encourager les organisateurs sur la voie de la diversité afin que le secteur événementiel montre l’exemple et soit en phase avec la société.

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