Entretiens

 « Les technologies immersives permettent d’aller à la rencontre de l’audience autrement, de façon plus proche, plus engagée, avec une nouvelle interaction. »

Comment les médias peuvent-ils se servir des technologies immersives ? C'est le sujet qui sera abordé lors du prochain Laval Virtual Days Médias, le 30 janvier à la Maison de la Radio. Maud Oukaltoum, responsable des événements Laval Virtual, nous en dit plus sur l'évolution des usages et des technologies immersives et leurs apports pour les médias. 

Publié le 15/01/2020 à 16:59, mis à jour le 15/01/2020 à 16:59.

Photo de Maud Oukaltoum, responsable du pôle événementiel Laval Virtual
© Laval Virtual

Quel est le principe des Laval Virtual Days ?
Ce sont des demi-journées sur des thématiques, afin de se consacrer à un secteur d’activité (santé, retail, média…) pour montrer à un public cible ce que peuvent leur apporter les technologies immersives. La demi-journée est composée de deux heures de conférences et une dizaine d’exposants sont présents, avec un moment de networking et de démos. Le Laval Virtual Days Médias est le plus important en termes d’influence. 

C’est la troisième édition du Laval Virtual Day Médias, qu’est ce qui change ?
Nous essayons de de pousser la réflexion plus loin. Il y a deux ou trois ans, la réalité virtuelle était sur le devant de la scène, et était privilégié « l’effet wahou », le côté spectaculaire de la technologie pour les médias. Aujourd’hui, nous voulons faire le point sur ce qui a été fait, la manière dont les médias ont déjà utilisé les technologies immersives, mais aussi parler de ROI, et apporter une vision prospective des usages du futur : l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et augmentée… 

Avez-vous des exemples de ce qui a déjà été fait ?
Par exemple, Laura Descurninges, de Radio France, viendra témoigner de l’appli « data to content » sur laquelle elle a travaillé pour Radio France qui permet de faire de la retranscription d’événements, et de faire gagner du temps aux journalistes. Ou encore Immersiv qui va parler de la réalité augmentée pour les événements sportifs. Ce sont des technologies qui permettent de retravailler la façon d’interagir avec les auditeurs et spectateurs. 

Depuis les premiers Laval Virtual Days Médias, constatez-vous des évolutions d’usages de ces technologies par les médias ?
Au début, les médias se sont servis de la XR pour des événements ou des émissions, comme l’appli de réalité virtuelle pour The Voice par exemple. Aujourd’hui, ils se posent plus de questions pour voir au-delà de l’effet attractif : comment interagir avec l’auditeur d’une autre manière, mais aussi comment récupérer des infos grâce aux technologies ? Il y a une évolution entre une technologie qui, quand elle est apparue, était vue comme du divertissement, et qui apporte aujourd’hui un champ des possibles beaucoup plus large et peut apporter plus qu’une visibilité ou un buzz. 

Qu’est-ce que ces technologies immersives peuvent apporter aux médias ?
En termes d’usages, il y a l’aspect expérience : comment, via la création d’un contenu, le média va pouvoir marquer l’esprit de l’utilisateur. D’ailleurs, durant le Laval Virtual Day Médias, nous allons mettre en avant également l’utilisation du son binaural : Radio France travaille énormément dessus et nous nous sommes rendu compte que l’utilisation de ce son spatialisé permettait une expérience amplifiée. 
Les technologies immersives permettent d’aller à la rencontre de l’audience autrement, de façon plus proche, plus engagée, avec une nouvelle interaction.
En termes de ROI, différentes choses se développent, notamment comment incorporer de la publicité dans une expérience de réalité virtuelle sans qu’elle soit trop intrusive.

Comment avez-vous construit cette matinée ?
Nous avons travaillé en collaboration avec France Bleu, qui nous ont fait part de leurs attentes de ces technologies, mais aussi leurs retours d’expérience.
Notre rôle, à Laval Virtual, a ensuite été d’aller chercher les démonstrations de technologies pertinentes par rapport au programme construit ensemble. Il n’y a pas de stands physiques comme dans un salon, mais un grand espace où le public peut discuter avec les exposants et tester les technologies, dans un esprit très convivial. Le but est que les gens échangent, se rassemblent. 

Les technologies XR devraient-elles selon vous s’imposer dans les médias dans les années à venir ?
Ce qui est en train de se passer est extraordinaire. L’intelligence artificielle peut permettre de faire le tri dans les informations pour détecter les fake news par exemple. De même, les technologies immersives permettent une plus grande interaction avec les audiences, une autre manière de les engager, de leur raconter une histoire… 
Pour autant, ces technologies ne devraient pas prendre le pas sur l’existant. Il faut suivre cette croissance, cette évolution sociétale, mais on peut vouloir vivre une expérience plus classique. Les deux peuvent co-exister.

En savoir plus sur...

Les événements rattachés

jeu. 30 jan 2020
Paris

Maison de la Radio - Radio France

Replay

Laval Virtual Days Médias 

Image
Bannière Laval Virtual Days Médias

09:30

En raison d’un appel à la grève émanant de plusieurs organisations syndicales, nous ne sommes pas en...

À lire aussi