Entretiens

Les sites événementiels se regroupent au sein de la nouvelle association La CLÉ. 

Les sites événementiels se regroupent pour faire face à la crise de leurs métiers à l'heure du Covid. On en parle avec Delphine Bouclon-Rodet, présidente de la nouvelle association La CLÉ et directrice de l'événementiel de Châteauform'.

Publié le 17/11/2020 à 11:35, mis à jour le 18/11/2020 à 14:41.

Delphine Bouclon
© DR

Les représentants des lieux événementiels viennent de fonder l’association La CLÉ que vous présidez. Quelle en a été la genèse et quels sont ses objectifs ?

Durant le premier confinement, nous avons échangé avec quelques confrères avec l’ambition de fédérer les sites événementiels et de réfléchir à des problématiques communes. Ensemble, nous avons travaillé sur les sujets spécifiques liés à notre métier de gestionnaires de sites. Bien sûr, nous sommes très reconnaissants à UNIMEV et à LEVENEMENT d’avoir porté et défendu les intérêts communs de la filière événementielle depuis le début de la crise. Cependant, nos métiers sont spécifiques, en lien avec d’autres prestataires, et surtout nos lieux relèvent selon les cas de concessions publiques, de fonds privés, ou encore de fonds propres. Par ailleurs, il y a un véritable enjeu actuellement autour de la question des loyers de nos sites.

Nous avions donc besoin de nous fédérer au sein d’une même association qui porte haut notre parole et puisse également joindre notre voix aux côtés de celles des associations existantes.

Faute de mieux, tout le monde capitalise sur le digital. Ne craignez-vous pas que l’attrait du virtuel perdure au-delà de la crise sanitaire et pénalise les lieux événementiels ?  

Aujourd’hui plus que jamais le lien social est primordial. Certes l’environnement et le paysage événementiel sont en train d’évoluer drastiquement, néanmoins on ne peut se passer durablement de relations en live et de partage. A nous de nous adapter et de nous équiper pour répondre à la montée en puissance du digital et de la haute technologie. Le mix présentiel-digital me paraît judicieux et devrait se développer dans les années à venir. Et n’oublions pas que nous communiquons mieux et avec davantage d’impacts quand nous nous voyons physiquement.

Quelle est la valeur ajoutée sur laquelle les sites événementiels doivent capitaliser ?

Nous sommes le premier maillon de la chaine événementielle, les clients - annonceurs ou agences - cherchant tout d’abord un lieu pour accueillir leurs événements. Il y a également l’enjeu RSE qui, une fois la crise sanitaire passée, va demeurer important pour les entreprises qui vont demander à leurs collaborateurs de moins se déplacer. Il va donc falloir recréer de la valeur autour du présentiel, au-delà du simple fait de se réunir. L’expérience, l’émotion et le contenu constituent le triptyque sur lequel les sites événementiels doivent s’appuyer pour faire la différence.

Enfin, n’oublions pas que beaucoup de nos lieux ont une valeur patrimoniale inestimable qu’il est indispensable de préserver. Nous sommes prescripteurs et promoteurs du patrimoine français, et participons au rayonnement des territoires, en France comme à l’international.

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