Entretiens

« Les entreprises les plus éco-innovantes pourront exposer sur le festival Deauville Green Awards »

La production audiovisuelle sur la thématique du développement durable est florissante. Une tendance de bon augure pour les prochains Deauville Green Awards. On parle avec le président de l'événement François Morgant et son délégué général Jonathan Peynet. 

Publié le 17/03/2021 à 10:49, mis à jour le 18/03/2021 à 09:08.

François Morgant et Jonathan Peynet
© DR

Le Deauville Green Awards a été lancé en 2012. Comment avez-vous vu évoluer la production et l’engagement des participants ?

François Morgant : Lors de la création du festival nous parlions évidemment du développement durable et il y avait des films sur le sujet mais ils étaient très alarmistes et finalement ne donnaient pas vraiment envie de s’engager. Le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent a participé à un changement de regard et les films proposés par le festival se sont inscrits dans cette mouvance de valorisation de solutions pour sauver la planète. Nous avons commencé avec 80 films, et aujourd’hui nous en sommes à plus de 450. Le sujet du développement durable est de plus en plus présent dans la production audiovisuelle, que ce soit au travers des documentaires télé, des films corporate ou bien des films de sensibilisation que produit l’ADEME notamment.

Qui participe à ce festival ?

Jonathan Peynet : Il s’agit de profils assez variés car il y a en réalité 3 compétitions distinctes, à savoir la compétition documentaire, celle du film institutionnel et celle de la publicité. Le scope est donc très large avec aussi bien des chaînes de télévision, des documentaristes, des agences de communication, des entreprises, des start-up, des institutions publiques, des universités, etc.

Il existe de plus en plus de contenus audiovisuels sur le développement durable, notamment sur les nouveaux médias grand public tels que Brut ou Konbini. Ces formats influencent-ils les films en compétition ?

Jonathan Peynet : Oui, ces nouveaux formats sont très intéressants pour nous. Les productions se sont raccourcies, ont gagné en impact et en efficacité. Cela va dans le sens de ces formats web que l’on voit de plus en plus dans la compétition. Nous essayons d’aller davantage vers ces formats-là, de nous ouvrir à de jeunes créateurs qui sont de plus en plus engagés sur ces types de formats, avec des concours vidéo dédiés par exemple.

Plus le temps passe, plus les formats se rétrécissent et les jeunes se mobilisent en proposant des contenus innovants

Plus le temps passe, plus les formats se rétrécissent et les jeunes se mobilisent en proposant des contenus innovants, constituant du même coup une audience grandissante.

Y a-t-il des thématiques qui émergent plus que d’autres au sein du développement durable ?

Jonathan Peynet : Beaucoup de sujets sociétaux montent en puissance depuis les dernières éditions, notamment en termes de solidarité et d’entraide. Mais globalement, tous les sujets gagnent en importance même si auparavant nous étions surtout sur la thématique du climat. La biodiversité est aussi un enjeu qui prend de l’importance, également au sein des entreprises. Grâce aux 14 catégories, auxquelles nous avons ajouté une quinzième portant sur les nouvelles perspectives à la suite de la pandémie, tout le spectre des différents ODD et du développement durable est couvert. On remarque vraiment une augmentation importante en termes de quantité et de qualité de la production audiovisuelle sur ces différentes thématiques.

François Morgant : Il est vrai que chaque année le festival évolue mais il n’y a pas une tendance qui ressort plus qu’une autre. Parmi ces 15 catégories, plusieurs films sont à cheval sur plusieurs thématiques, avec une approche plutôt transversale. D’ailleurs nous incitons les compétiteurs à inscrire leurs productions dans plusieurs catégories.

Est-ce que les contenus ont été repensé à l’aune de la crise sanitaire ?

Jonathan Peynet : Chaque année la thématique principale de la compétition est en lien avec l’actualité internationale et ce sera évidemment le cas en 2021 puisque nous avons choisi le thème de la santé et des écosystèmes. Nous aurons notamment 3 tables-rondes qui porteront sur les différentes interactions entre l’homme et la santé, la protection des écosystèmes, l’alimentation, etc.

Concernant la compétition, quels sont les principales échéances ?

Jonathan Peynet : La compétition est d’ores et déjà ouverte et les dépôts de candidatures sont possibles jusqu’au 9 avril. On observe un réel engouement cette année malgré la pandémie, avec un nombre record de dossiers déposés à date. C’est plutôt encourageant et signe d’une belle compétition en perspective ! Les films institutionnels, documentaires et publicitaires axés environnement et responsabilité sociale sont donc appelés à rejoindre cette 10ème édition hybride, organisée à la fois en ligne et dans un nouveau lieu d’exception à Deauville, les Franciscaines.

Pourquoi avoir choisi Deauville pour accueillir le festival et un nouveau lieu cette année avec Les Franciscaines ?

François Morgant : A l’origine, nous recherchions un lieu qui puisse recevoir le festival de manière pérenne. Nous avions également envie d’être en bord de mer et surtout nous avons été séduits par le discours du maire de Deauville Philippe Augier qui avait déjà engagé sa ville dans une politique de développement durable. Il a été enthousiasmé par l’idée de créer un nouveau festival sur la destination, à tel point qu’il nous a demandé si le festival pouvait intégrer Deauville dans son nom, ce que nous avons fait. Depuis maintenant 10 ans donc, nous avons la chance d’être aidé par la municipalité. Et puis Deauville répond à certaines normes. Par exemple il était important pour nos partenaires comme l’ADEME de prendre en compte les critères de temps de transport, d’accessibilité et de mobilité au sein de la destination. Par ailleurs, les Deauville Green Awards étant un événement international, il nous fallait être facilement accessible en train depuis Paris.

Jonathan Peynet : Cela fait plusieurs éditions que nous réalisons un bilan carbone de la manifestation en essayant d’aller chaque année un peu plus loin. Nous réalisons donc un audit pour chiffrer notre bilan carbone, sachant que 80% de celui-ci est lié au poste transports, puis nous compensons notre empreinte au travers d’un projet de reforestation de l’Amazonie.

François Morgant : Nous allons inaugurer un nouveau lieu en nous installant aux Franciscaines, un édifice historique vraiment magique et hyper fonctionnel pour recevoir des événements. Il va permettre également au grand public de pouvoir assister à une partie du festival les 16 et 17 juin prochains, et ainsi faire de cette 10e édition au moment mémorable en lui donnant une nouvelle ampleur.

Jonathan Peynet : En termes de nouveautés, nous allons proposer une marketplace physique dans l’espace central des Franciscaines. Les entreprises les plus éco-innovantes du secteur pourront ainsi exposer leurs prestations. Nous attendons ainsi une vingtaine d’exposants dont les engagements vont dans le sens de notre propre raison d’être. Par ailleurs, nous souhaitons ouvrir plus largement nos portes au grand public et aux jeunes avec des cycles de diffusion dans les lycées ou les universités. L’idée est vraiment de ne pas cloisonner et de créer des ponts entre le grand public et les professionnels.

Quels dispositifs proposerez-vous en digital ?

François Morgant : Comme beaucoup, nous avons expérimenté le format plateau télé l’an dernier. Nous avons hésité, sachant que les gens en ont marre d’assister à des events via leurs écrans. Mais nous avons bien fait et avons pu faire la remise de prix en visio avec un très bon taux de connexion puisque nous avons comptabilisé près de 10 000 internautes en fin de cérémonie.

Habituellement le festival se déroule dans une grande salle accueillant quelques 500 personnes, donc le digital présente un réel intérêt en termes d’audience

Habituellement le festival se déroule dans une grande salle accueillant quelques 500 personnes, donc le digital présente un réel intérêt en termes d’audience. Bien évidemment, nous avons prévu cette année de renouveler l’expérience du digital sachant que la moitié des films en compétition sont internationaux et que tout le monde ne peut se déplacer. Ce sera donc une édition hybride avec la plupart des contenus accessibles en digital, une évolution intéressante pour le festival et l’ensemble des sujets que l’on défend de manière générale.

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