Entretiens

« La volonté de Dream Factory est de permettre aux gens de revivre leurs fictions préférées »

C’est l'animation tendance du moment. La startup Dream Factory présente la première expérience de cinéma immersif en France, en collaboration avec Studiocanal. Pour cette édition inédite, l'expérience No Fate fait revivre le film culte Terminator 2, à l’occasion de ses 30 ans.

On en parle dans les locaux de l’expérience avec Tristan Desplechin, co-fondateur de Dream Factory.

Par Nisrine Namoune, publié le 05/07/2022 à 11:34, mis à jour le 10/07/2022 à 12:46.

Dream factory
© Dream factory - Tristan Desplechin

Vous avez fondé Dream Factory il y a environ 2 ans, en 2020. Comment est née l’idée du projet de votre jeune entreprise ? Quel est son positionnement ?

L’idée émane des fondateurs de l’entreprise, à savoir Grégoire Nedelcovici, Eliza Calmat et moi-même. Durant nos parcours professionnels respectifs à Londres et à New York, nous avons pu expérimenter diverses formes de théâtre immersif ainsi que des nouvelles façons de raconter des histoires, en s’appuyant notamment sur le spectacle vivant, le digital et l’expérience utilisateur. L’univers de l’immersif a déjà trouvé sa place à l’étranger, notamment au Royaume-Uni où celui-ci est très développé avec la présence d’importantes sociétés comme Secret Cinema et Punchdrunk. Ayant constaté qu’il n’existait pas encore ce concept en France, nous avions pour ambition la création d’un nouveau format cinématographique plus interactif dans lequel le spectateur serait sur le devant de la scène.

La volonté de Dream Factory est de permettre aux gens de revivre leurs fictions préférées.

L’idée est d’être agnostiques quant aux solutions que nous utilisons, avec une importante partie sur le spectacle vivant, tout en s’appuyant sur les nouvelles technologies pour innover nos expériences. Nous avons d’ores et déjà travaillé divers projets immersifs, en collaboration notamment avec le Forum des Images et Ground Control.  Nous opérons actuellement sur des lieux d’urbanisme transitoires transformés en de véritables sites expérientiels. 

Vous présentez la toute première expérience cinématographique immersive en France, destinée à la fois au grand public et aux professionnels, sur le thème du film culte Terminator 2. Au sein d’un secteur très concurrentiel, sur quels leviers vous appuyez-vous avec ce nouveau projet ?

Nous nous reposons sur plusieurs leviers. D’une part, nous accordons une place primordiale à la dimension humaine. Depuis deux ans, les entreprises ont été chahutées et le besoin de recréer de la cohésion et du lien entre les équipes est devenu la priorité. Durant nos événements, les participants sont entièrement libres d’explorer les espaces à leur guise et d’interagir avec les acteurs du scénario pour une durée d’environ trois heures. L’objectif ici n’est pas de trouver une solution de sortie mais bien de participer à une histoire. D’autre part, nos événements reprennent des thématiques fortes. L’œuvre artistique Terminator 2 se rapporte étroitement au domaine phare des nouvelles technologies. Pour cette première édition, nous avons notamment été sollicités par des entreprises tech qui travaillent sur des sujets d’intelligence artificielle. En parallèle, le libre arbitre créé par la mise en scène et l’absence de fatalité amène les sociétés à responsabiliser ses employés et à se dire qu’on écrit ensemble l’avenir de l’entreprise. Par ailleurs, dans un contexte dans lequel certaines inégalités persistent dans les structures, la participation de l’héroïne Sarah Connor met en avant le personnage féminin fort. 

Dream Factory dessine un format de divertissement singulier et insuffle une nouvelle dynamique, qui se distingue des escape games classiques (...)

Dream Factory dessine un format de divertissement singulier et insuffle une nouvelle dynamique, qui se distingue des escape games classiques ou du parc d’attraction en offrant un rôle actif et non linéaire au spectateur.

De plus, étant localisés à Montreuil au carrefour de grandes firmes (Air France, Ubisoft…), nous nous inscrivons dans une dimension locale et accessible. 

Le secteur événementiel est actuellement en pleine mutation. Quid de l’avenir de la filière pour ces prochaines années ?

Il existe de nouveaux besoins au sein des entreprises. Au lendemain de la crise sanitaire et de l’essor du télétravail, les relations humaines ont été fortement impactées. Par conséquent, les collaborateurs ont continuellement besoin de reformer du lien et de la cohésion. Nous avons par exemple accueilli des équipes qui se sont retrouvées après un an, autour d’une expérience commune le temps d’une journée. Cela crée une véritable coupure dans leur quotidien. C’est justement un axe que nous développons davantage avec nos formules « packagées » en collaboration avec les hôtels, qui combinent avec notre expérience une offre de logement de proximité. 

Le thème que nous voyons de plus en plus et sur lequel nous sommes bien positionnés est axé sur la partie design fiction.

Typiquement, la mise en scène de l’œuvre Terminator 2 opérée autour des nouvelles technologies plonge les participants dans un monde post-apocalyptique qui les pousse à mener la réflexion sur les limites d’un monde ultra-connecté. L’idée pour nous est d’exploiter nos espaces dédiés au profit des entreprises pour l’organisation d’ateliers ou de workshops et de mettre en condition des utilisateurs finaux dans ce scénario. 

Quel futur pour Dream Factory ?

Nous réfléchissons dorénavant à nos prochains projets.  A l’image du film culte Terminator 2, nous souhaitons rester sur des thématiques sociétales actuelles de fond, tout en préservant l’aspect divertissant. Nous souhaitons développer cette expérience au sein d’autres zones géographiques, un peu partout dans l’hexagone. Nous ne nous interdisons pas d’aller dans d’autres univers de fiction comme le jeu vidéo, l’adaptation de livres ou le concert, etc…  En interne, nous aspirons à pérenniser certains rôles, particulièrement dans les parties communication et commerciale.

La volonté de Dream Factory est de permettre aux gens de revivre leurs fictions préférées.

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