Entretiens

« C’est toujours un challenge pour un événement de rester up-to-date et de se renouveler »

Co-directeurs de VivaTech, Julie Ranty et Maxime Baffert en disent plus sur l’édition 2019 du salon désormais leader en Europe sur les sujets d’innovation, de start-ups, et d’open innovation. L’occasion de faire le point sur les sujets porteurs de l’année, les lancements à ne pas manquer… et leurs ambitions pour l’avenir.

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Quels sont vos objectifs pour cette édition 2019 de VivaTech ?
En premier lieu, nous souhaitons de conforter la place de Vivatech comme l’événement tech de référence en Europe. L’année dernière, nous avons franchi la barre des 100 000 visiteurs. Nous sommes entrés dans la catégories des cinq gros événements de Tech dans le monde. Cette année, nous nous sommes fixés deux priorités : renforcer la dimension internationale de l’événement, et améliorer le confort d’accueil de nos visiteurs et exposants. L’une des spécificités de VivaTech c’est que les gens y passent beaucoup de temps. Pour profiter pleinement de Vivatech il était nécessaire d’améliorer le confort.

Comment avez-vous fait ?
Nous avions plusieurs problèmes à résoudre parmi lesquels le temps d’attente à l’entrée de VivaTech et dans les conférences. Nous nous sommes agrandis cette année, ce qui nous permet d’avoir trois entrées, et une capacité d’accueil dans la scène principale de 4400 places, contre 1700 l’an dernier. Ces changements vont permettre d’accueillir tous les visiteurs et de réduire les temps d’attente. Deux autres sujets sont remontés des enquêtes de satisfaction. Le problème de la chaleur. Pour y remédier, nous avons multiplié par deux les investissements dans les rafraichissements. Et la question de la connectivité qui devrait être meilleure cette année. 

Je suis une start-up, comment puis-je me débrouiller sur place ?
Les start-ups ne viennent pas à VivaTech par hasard. Nous organisons des challenges en amont, auxquels elles postulent et sont sélectionnées pour présenter leur projet sur place. Pendant l’événement, il y a des animations en fonction des espaces sur lesquels elles se trouvent, elles ont la possibilité de rencontrer des cadres de haut niveau. Notre application aussi, favorise le networking et permet de trouver les gens présents sur le salon…

Quel conseil donneriez-vous à une start-up qui vient pour la première fois ?
Préparer sa venue. Savoir, à l’avance, qui vous souhaitez rencontrer, à quelle conférence assister, etc. 

Nous nous sommes particulièrement développés sur les secteurs de l'automobile et de l'électronique

Quelles sont les innovations notables dans les différents secteurs de VivaTech ?
Nous nous sommes particulièrement développés sur deux secteurs. L’automobile est l’un des secteurs les plus transformés par le digital. Citroën et Renault vont faire des lancements de produit en avant-première. Jaguar et Voslkswagen vont montrer la manière dont ils collaborent avec les start-ups. Des start-ups vont faire des démos de taxis volants notamment (OverTaxi et Aéromobile).
Le deuxième secteur, c’est l’électronique. Huawei va présenter son téléphone pliable, et beaucoup de sociétés internationales seront présentes pour dévoiler leurs innovations.

Quels seront les lancements à ne pas rater ?
Citroën va présenter sa concept car électrique. 
Smasung va faire une annonce exclusive sur la scène principale, pendant la keynote de leur président. 
LVMH va présenter un nouveau distributeur de bijoux, qui permet d’essayer des bijoux Bulgari en réalité augmentée et démocratise ainsi l’accès aux bijoux de luxe.
Enfin, de nombreux partenaires vont profiter de VivaTech pour lancer des programmes d’incubation ou des fonds d’investissement. 

Quelles sont les autres nouveautés de l’année ?
Au centre de l’événement se trouve le « Hall of Tech » avec des démonstrations de produits, de technologies.
Cette année, nous avons étendu les « Parks », des espaces dédiés à une technologie traitée sous l’angle produit/expérience. Il y en a cinq : mobilité, intelligence articielle, réalité virtuelle et augmentée, green tech et robot. 
Vous y verrez des drones qui font de la reconnaissance d’image, des voitures volantes, et pourrez y tester la réalité virtuelle à plusieurs par exemple.  

Vous aviez lancé AfricaTech l’an dernier. Qu’en est-il cette année ?
 Nous voulons en faire un élément pérenne et devenir le point de rendez-vous où le meilleur de la Tech africaine vient rencontrer les médias, les investisseurs, et les grands corporate du monde entier. 

VivaTech semble faire une large place à l’Europe, avec United tech of Europe. Quels en sont les sujets cruciaux selon vous ?
Comment faire émerger des géants du numériques européens ? C’est un vrai débat à deux semaines des élections européennes. Seules 10% de l’ensemble des licornes mondiales sont européennes. Ce n’est pas assez. Comment fait-on pour faire passer nos start-ups à un niveau de scale-up, puis de licornes. Comment accompagne-t-on nos grands groupes dans leur transformation digitale pour qu’ils restent à la pointe ? Nous allons mener ces réflexions avec les commissaires européens, les grands groupes, les start-ups. Quelles sont les conditions de cet écosystème européen, pour faire de nos acteurs des champions du numérique de demain ? 
Nous avons créé un nouveau prix le Next European Unicorn Award pour tenter de repérer les prochaines licornes de demain. 

Les femmes dans la Tech sont un sujet qui vous anime. Un espace est consacré à Women In Tech ?

Nous avons une approche très militante pour essayer de lutter contre le déséquilibre entre les femmes et les hommes dans le monde de la Tech.

C’est un sujet qui nous tient à cœur depuis les débuts de VivaTech. Il y a un déséquilibre énorme dans le monde de la Tech : 10% des créatrices de start-ups sont des femmes, et elles rassemblent moins de 5% des fonds levés. Nous avons une approche très militante pour essayer de lutter contre cette situation. Nous avons établi un quota : 40% de femmes speakers au minimum. Et notre objectif est d’atteindre la parité. 
Nous allons remettre un Prix de la Commission européenne de l’innovatrice de l’année, et nous avons créé le Female Founder Challenge. Le but est d’identifier des start-ups fondées ou cofondées par des femmes, et de les mettre en contact avec des Venture Capital.

Enfin, cette année encore la « Tech 4 good » est à l’honneur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ce sujet est au cœur de Vivatech depuis la création. Comment la tech peut-elle être vecteur d’impact positif sur notre environnement, la société, la réduction des inégalités etc. ? Lors de conférences, des starts-ups, des grands groupes, des penseurs expliqueront comment ils se transforment pour avoir cet impact positif. Une centaine d’innovations seront présentées autour de cette thématique : nouvelles solutions de production d’énergies, nouvelles formes d’apprentissage, solutions de démocratisation d’accès à la santé, etc. 
Enfin, la veille de VivaTech a lieu le Sommet Tech for good à l’Élysée en présence d’Emmanuel Macron aux côtés des grands acteurs du numérique qui s’engagent en faveur d’un impact positif.

Vous mettez également en avant les nouveaux talents ?
Pour la première fois, nous avons créé un job center. L’une des principales problématiques des start ups comme des grand groupe, c’est de recruter, d’attirer les talents pour accompagner leur croissance et leur transformation. 
Cette brique RH n’était pas dans notre promesse de départ mais nous souhaitons pouvoir répondre à l’ensemble des besoins qui participent à la transformation de l’entreprise. Et la recherche de talents en fait partie.
Nous avons des partenariats avec 60 écoles et universités partenaires qui, de plus en plus, intègrent VivaTech dans leur cursus pédagogique. 

Vous inspirez-vous de quelqu’un ?
On s’est inspiré du CES au départ par son envergure, sa capacité à être le rendez-vous où tous les acteurs de la Tech se retrouvent et font des annonces. Et ça reste encore un modèle. Autour de cette composante, nous avons rajouté  l’open innovation, la dimension talents, et nous avons pris des engagements sociétaux : sur la place des femmes dans la tech, leur empowerment, et la tech for good. 
Ces enjeux là sont au cœur de VivaTech et c’est ce qui nous distingue des autres événements Tech. 

Un souhait chacun ?
Julie Ranty : Faire en sorte que ce succès dure et qu’on se renouvelle. Qu’on arrive chaque année à répondre à l’objectif mouvant de transformation et d’innovation de nos partenaires. 

Maxime Baffert : Réussir l’internationalisation. Nous avons été portés par l’écosystème français, il faut maintenant que l’on devienne l’endroit où tous les européens se retrouvent. 

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