Entretiens

« Il est important de créer et de diffuser des formats français qui rayonnent à l’international » 

Lancée en 2016, La Fabrique des Formats entend aider les producteurs à développer des programmes de flux, afin de stimuler la création française et de viser une exportation à l'international. Le 30 janvier, elle organise un événement pour dresser son bilan 2019 et évoquer ses projets pour l'avenir. Fiona Bélier, sa Secrétaire générale, nous en dit plus. 

Publié le 22/01/2020 à 18:01, mis à jour le 23/01/2020 à 09:36.

Fiona Bélier Fabrique des formats
© DR

Tout d’abord, revenons sur la définition : qu’est-ce qu’un format ?
Ce sont des programmes audiovisuels de divertissement, plus particulièrement de flux, qui peuvent se décliner sur plusieurs épisodes, et s’exporter à l’étranger. Ce qui a impulsé la création de la Fabrique des formats c’est le constat que dans le divertissement, et plus généralement dans les programmes de flux, il y a peu de création française, notamment parce qu’il y a peu de financements possibles, contrairement aux programmes de stock comme la fiction ou le documentaire qui disposent de nombreuses aides. Nous avons voulu lancer un outil permettant aux producteurs d’être accompagnés pour le développement de formats inédits. 

Concrètement, en quoi consiste l’activité de la Fabrique des formats et quels sont ses objectifs ?
La fabrique des formats accompagne les producteurs dans le développement de nouveaux programmes de flux. Nous proposons un service de veille sur les formats, mais aussi, depuis 2019, des expertises de projets et des formations professionnelles. Par ailleurs, nous sommes un fonds d’investissement privé qui investit dans les nouveaux formats, soutient le développement de projets et notamment la production de pilotes pour permettre aux producteurs de démarcher les diffuseurs sur les marchés professionnels. Depuis notre création, en 2016, nous accompagnons une dizaine de projets par an, dont certains ont été ou vont être diffusés sur les chaînes françaises. 

Vous organisez un événement, le 30 janvier, quel est son but ?
Fabrique 2020 à deux grands objectifs : dresser un bilan de l’année chiffré en mettant en lumière les projets qu’on accompagne à travers des extraits ; et fédérer les producteurs autour des projets de la fabrique des formats.
Ainsi, nous allons tout d’abord revenir sur nos activités de 2019, puis évoquer les perspectives pour 2020. 

Quelles seront vos actions en 2020 ?
Nous avons envie de valoriser notre service d’expertises de projets. C’est une possibilité que l’on propose à nos membres : ils peuvent nous envoyer des projets et nous leur proposons une expertise de notre comité de sélection. De même, nous allons développer notre offre de formation. Enfin, nous avons un projet de pépinière : un lieu pour accompagner les producteurs les moins expérimentés.

A votre lancement, il était question d’un festival des formats. Où en est ce projet ?
C’est toujours d’actualité mais le marché n’est peut-être pas tout à fait assez prêt pour un festival dédié uniquement aux formats. Notre stratégie a donc été plutôt de nouer des partenariats et de se faire connaître dans les manifestations du secteur audiovisuel. 

En parallèle, une mission sur les formats a été confiée à Philippe Chazal, le fondateur de la Fabrique des formats, par le Ministère de la culture…
Elle porte sur les formats en France et leur analyse, et sur les outils à mettre en place pour stimuler cette création. C’est un grand pas en avant pour l’industrie des formats. En France, on a souvent opposé programmes de flux (divertissement) et programmes de stock (fiction, documentaire), alors que cette opposition n’existe pas sur les marchés anglo-saxons. La mission ministérielle va permettre de s’intéresser plus précisément aux formats, et de cesser d’opposer les genres. Cette mission est totalement en résonnance avec les activités de la fabrique. Le rapport sera remis fin janvier. 

A l’heure de l’internationalisation des contenus et de la multiplication des plateformes de SVOD, quels sont les enjeux selon vous de développer des formats audiovisuels français ?
C’est un enjeu à deux niveaux. Tout d’abord, il est important de créer et de diffuser des formats français qui rayonnent à l’international, et mettent ainsi en lumière nos talents. On ne peut pas continuer à rester dans une logique domestique alors que tous les acteurs naviguent à l’international. Le deuxième enjeu est économique : un format est prévu pour se décliner en plusieurs épisodes, voire en saison, ce qui permet une pérennisation de l’emploi. C’est une logique industrielle. 
Aujourd’hui, les plateformes de SVOD comme Netflix ne se contentent plus de diffuser et de produire des programmes de stock, elles se lancent également dans le divertissement. Nous essayons de trouver des points de collaboration, car ce sont des fenêtres de visibilité incroyable !

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