Entretiens

"Avec les Chatons d'Or, nous voulons créer des ponts entre les générations"

Pour sa 8édition, les Chatons d’or changent de maîtres : Pascal Cübb, fondateur de Sunglasses, et Paloma Bidault Saliège, responsable du festival, reprennent le flambeau et, tout en conservant l’ADN de la manifestation, la font évoluer. Le prix publicitaire s’affiche désormais comme un festival d’idées, en prise avec les sujets sociétaux. Rencontre avec deux éleveurs de chatons d’or passionnés. 

Publié le 07/05/2019 à 13:51, mis à jour le 09/05/2019 à 11:43.

Photo Pascal Cubb et Paloma Bidault Saliège
© Getty Images

Pourquoi avoir repris les chatons d’or ?
Avec Sunglasses, nous avons développé un certain savoir-faire en termes de production de contenu pour les événements. Quand l’opportunité s’est présentée de reprendre Les Chatons d’Or, l’évidence s’est imposée : cela correspondait aux envies de développement des activités de Sunglasses. D’autant plus que les choses ont beaucoup bougé ces derniers temps en termes de communication : la manière de s’adresser au public B to B a changé, il y a une attente de formats et de contenus nouveaux. Les Chatons apportent cette fraicheur, cette originalité, tout en faisant le lien avec les Cannes Lions, et avec la majorité des événements sur lesquels Sunglasses est présent.

Cela signifie-t-il que Sunglasses souhaite se développer dans l’organisation d'événementiel ?
Ce n’est pas impossible. Il y a beaucoup d’opportunités. Mais on ne peut pas tout faire en même temps. Les Chatons méritent toute l’attention de l’équipe.

A quoi vont ressembler les Chatons version Sunglasses ?
Nous souhaitons élargir encore plus leur audience en ouvrant sur des champs qui intéressent la société dans son ensemble, tout en conservant l’ADN des Chatons. Dans le jury, de nombreuses personnalités sont liées au monde de la publicité, mais ce ne sont pas uniquement des directeurs créatifs, nous avons également fait appel à des patrons d’agence, des photographes… L’idée étant d’apporter un autre regard. De plus, pour la première fois, c’est un duo mixte (Marie-Laure Sauty de Chalon, CEO de Factor K, et Hervé Brossard, CEO de Sid Lee) qui préside le jury.
C’est le rôle des Chatons de permettre un partage d’expériences entre les experts et les jeunes talents, de permettre un échange qui est bénéfique dans les deux sens. Nous avons pour objectif de créer des ponts entre les générations. Et nous voulons en faire un événement national, pas uniquement parisien.
Enfin, nous aimerions aller plus loin, en pérennisant l’événement à l’année, avec une vraie communauté, et des rencontres régulières. C’est en projet. Nous avons plein d’idées pour des développements futurs. Et nous avons la chance de continuer à être accompagnés par Laurent Allias, le fondateur.

Qu’est-ce qui fait votre différence ?
Nous voulons donner du sens à toutes nos actions et nous inscrire dans l’époque en parlant par exemple de responsabilité, d’engagement, d’environnement, de villes... C’est le rôle des Chatons d’impulser des sujets sociétaux et d’engager la responsabilité des communicants sur ces thématiques. Cette année, un Prix spécial « Creative world in progress » a été créé sur la problématique du sexisme et du harcèlement au travail. Nous voulons soulever des sujets importants. Le fait de mettre en avant un duo mixte à la tête du jury est aussi un signal fort, même si l’égalité entre les hommes et les femmes est une évidence pour les jeunes aujourd’hui. Nous prenons position sans faire trop de bruit.

Les Chatons se veulent de plus en plus ouverts aussi ?
On ne veut pas que les gens s’empêchent de participer à cause de leur âge ou parce qu’ils ne font pas partie d’une agence. L’idée c’est de faire émerger des talents et des projets d’avenir, or il n’y pas d’âge pour avoir la bonne idée qui va faire bouger les choses.
Les chatons sont aussi là pour bousculer, provoquer. D’un côté, les jeunes créatifs ont une vision du monde différente, de l’autre les experts du jury ont un réseau, une expertise et des moyens pour les aider à grandir. 

Plus qu’un prix, Les Chatons d’Or s’affichent désormais comme un festival. Qu’est-ce que cela signifie ?
C’est un événement qui dure trois mois, la cérémonie en est le point d’orgue. Pour les membres du jury, c’est un vrai investissement qui démarre dès le mois d’avril. Au-delà de juger les créations, ils sont amenés à faire une keynote devant le public, afin de transmettre leur expérience et leur vision du monde. C’est un festival aussi parce que nous avons prévu des animations. Par exemple, une compétition des Chatons aura lieu sur Triller. 

Quelles sont les prochaines étapes ?
Le 9 mai, nous allons annoncer le lieu prestigieux dans lequel se déroulera la cérémonie. 
Puis, nous allons lancer une campagne « Missing Credits » en partenariat avec CBNews et Stratégies afin que les stagiaires ayant travaillé sur les campagnes soient crédités dans les communiqués de presse. Il faut soulever les sujets qui fâchent de temps en temps. C’est aussi le rôle des chatons d’être impertinent. 

Que diriez-vous aux jeunes pour les inciter à participer ?
Osez ! Lâchez-vous, il n’y rien à perdre. Les Chatons sont un espace d’expression assez rare dans l’année, une opportunité d’exposer son talent et de rencontrer des experts.
C’est le moment ou jamais de formaliser des idées, et de refaire le monde !

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Photo chatons

19:00

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