L’édito

Qui doit prendre le micro ? 

Pour une entreprise, la question est souvent cruciale. Pour un organisateur d’event, elle l’est tout autant, même si les enjeux sont différents. Pour une entreprise, la question de la représentativité est essentielle : celui qui tient le micro doit pouvoir s’exprimer en son nom. Mais cela ne suffit pas à désigner le patron !

Publié le 19/02/2020 à 16:02, mis à jour le 19/02/2020 à 16:00.

Qui doit prendre le micro ? Edito du 20 février
© Bruno Cervera

La légitimité ne se confond pas toujours avec l’aisance. Le niveau de compétence doit se doubler de la qualité d’élocution. Cela semble évident et pourtant cette règle n’est pas toujours respectée. Un fondateur plutôt qu’un président, celui qui raconte l’histoire avec ses tripes plus qu’avec les éléments de langage de son dircom sera souvent le bienvenu.

Une deuxième incidence est celle de l’audience. Qu’est-elle prête à entendre ? A qui s’adresse la conférence ou le Summit qui héberge la prise de parole ? Le recours systématique à la parole du patron n’est pas forcément la bonne idée. Déjà, son nom ne parle peut-être pas à la cible. Mieux vaut un bon directeur du marketing qui connaît bien son sujet et parle à ses pairs, et dont la prise de micro s’assimile à un partage d’expériences où chacun est valorisé. Une seule règle pour le speaker : savoir se taire au-delà de ses limites de compétence. Le micro n’autorise pas tout.

Le choix d’un speaker par l’organisateur d’un event revêt une certaine influence en tant qu’émetteur. Il préfèrera accrocher à son event, une société ou une marque de prestige représentée au plus haut niveau avec les risques « d’inaudibilité » évoqués ci-avant.  Quelles réponses ?  Si l’organisateur tient à un CEO mieux armé, il pourra peut-être descendre dans les marques premium ou en croissance et non rester dans les top 5, a contrario s’il tient à la firme, il préfèrera avec succès la compétence à la présidence.

La réponse à l’organisateur quant à elle, tient souvent dans deux éléments : la cohérence des niveaux qui non respectée met tous les speakers mal à l’aise, et la complémentarité des formats entre keynote en solo, volontiers réservés à des positions uniques dans la pyramide, et des insertions dans des panels plus volontiers ouverts aux cohortes d’opérationnels. Le respect de ces deux tendances -cohérence et complémentarité- est de nature à éviter les échecs.

Elle doit se transcender d’une volonté de l’organisateur : celle de surprendre par la posture, la scénographie, la narration. L’émotion emporte tout. Surtout au micro. Même l’éloquence.

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