L’édito

Pour qu’une année blanche ne se transforme pas en année noire !

Le concept d’année blanche, en France, on le connaît par le passage à la source de l’impôt sur le revenu. Il a eu lieu en 2018 sans trop de problèmes parce que le versement de la masse monétaire par les ménages est, dans les faits, restée continu. La base d’application seule changeait.  Le mot est curieusement utilisé dans la sortie de crise actuelle.

Par Xavier Dordor, publié le 10/06/2020 à 16:02, mis à jour le 10/06/2020 à 17:36.

Edito : Pour qu’une année blanche ne se transforme pas en année noire !, Xavier Dordor, MyEventNetwork
© Kelly Sikkema

L’analogie de l’année blanche n’est pas vraiment identique dans l’action gouvernementale 2020 face à la pandémie. La masse monétaire est créée pour l’occasion et le pay back ne sera ni neutre ni gratuit. Mais l’année est (plus) blanche pour les entreprises tant que le gouvernement se substitue à la paie des salariés, et un peu moins blanche sur les reports de charges sociales ou les prêts même à taux 0, car il faudra régler dans un terme à venir. C’est pour garder cette espérance de vie des entreprises que l’État doit prolonger cette période de temps partiel assisté jusqu’ à la fin de l’année dans les secteurs sinistrés comme l’événementiel. La majorité des entreprises ont des bilans calendaires et cette mesure de temps partiel facilitera la viabilité de nombre d’entre elles, évitera en partie les déclarations de cessations de nombre de TPE et les avis de perte de plus des ¾ du capital qui compliqueront la vie administrative d’autres entités.

Si l’année est noire pour l’État (et donc pour nous citoyens), si celui-ci lave plus blanc les entreprises, il ne saurait être le seul agent actif !

L’écosystème est le premier acteur de son propre équilibre. Les entreprises doivent être vertueuses dans leur comportement (respect des engagements, paiement des rémunérations récurrentes - ce qui est le principe dans le concept d’année blanche), et dans leur confiance dans l’avenir : plans de relance, redéploiements, mobilisation… Enfin, last but not least, les dirigeants et salariés doivent s’engager pour ce nouvel équilibre. Les premiers peuvent sursoir à certaines rémunérations fixes ou variables, les actionnaires peuvent s’appliquer le principe même de l’année blanche. Les salariés et tous finalement doivent retrouver la niaque, et reprendre le chemin des entreprises car si le télétravail a montré tout son potentiel, il ne peut à de rares exceptions près, remplacer totalement le présentiel. Ici aussi comme dans l’événementiel, on va vers une hybridation. Le dialogue en face à face, le management en direct sont nécessaires à une reprise en mains de nos destins d’entreprises.

Au final, la sortie de crise économique dépendra de l’État peut-être, mais avant tout de nous tous, c’est sûr. Dans une recherche de partage équilibré du fardeau économique issu de la pandémie, entre État et citoyens, entre marchés et consommateurs, entre producteurs et distributeurs, entre acteurs d’une même filière, entre dirigeants et salariés.

Il est nécessaire de sortir du confinement économique, non seulement dans des mesures top down, mais dans un état d’esprit combatif et collectif. Avant l’été, dès maintenant sans attendre la rentrée. Avant l’été, justement pour préparer la rentrée.

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