L’édito

Peut-on / doit-on prévoir des events en présentiel en 2022 ?  

La question mérite d’être posée. L’actualité recréant le paradoxe qu’on aurait aimé oublier. Au moment même où le salon Heavent célèbre le grand retour de l’industrie événementielle, le porte-parole du gouvernement souffle le froid en parlant de « 5e vague (de la Covid) qui démarre de façon fulgurante ».

Par Xavier Dordor, publié le 24/11/2021 à 11:08, mis à jour le 24/11/2021 à 16:35.

Peut-on / doit-on prévoir des events en présentiel en 2022 ?
© Salon Heavent

De quoi inquiéter individuellement et recréer un stop and go industriel confronté au risque. De quoi alimenter une certaine schizophrénie dissociative entre des déclarations volontaristes pro événementiel et des comportements plus mitigés, voire négatifs, sur la participation future à des manifestations professionnelles. C’est déjà le cas : on a tous rencontré des matamores comme des personnes ou des organisations frileuses à l’excès dont les craintes ciblent en priorité l’événementiel. 

Le besoin de rencontre existe au plus haut point, les deux dernières années en ont illustré l’évidence tant pour l’individu que pour la société. Tant pour les équipes que pour les entreprises. La digitalisation a fait des pas de géants et notre expérience des réunions online n’a rien à voir en efficacité comme en émotion avec ce que l’on a vécu, il y a bientôt deux ans. Elle est devenue un atout et non plus un pis aller. Quant à la réunion en présentiel, on a peut-être trop tendance à laisser le gouvernement décider et à se conforter aux contraintes en vigueur de l’instant. Sans être révolutionnaire et refuser l’autorité, loin de moi une telle incitation à la révolte, il est des responsabilités que l’on doit assumer. Quant on est organisateur,  continuer et appliquer les protocoles de sécurité avec la plus grande rigueur, quand on est participant de les observer, mais à tous de ne pas sombrer dans l’hyperphysicalité ! Avant d’être dans la loi, la contrainte est dans les têtes. La peur de l’extérieur ne peut restreindre nos vies de tous les jours, l’envie de réalité doit nous guider dans les relations avec les autres. Le metavers n’est pas un nouveau dogme ou alors au lieu d’ouvrir le quotidien, il va le rétrécir. Le risque est réel, même si le réel n’est pas le risque justement. 

Alors oui réunir les équipes est essentiel pour le redémarrage de tous sans oublier l’un ou l’autre, et c’est justement pour ne pas oublier l’un ou l’autre que l’écran isole au lieu de le protéger. Alors oui prendre la parole pour une organisation professionnelle est essentiel pour qu’elle joue pleinement son rôle social de stimulation des acteurs, alors oui un Grand Prix qui vient célébrer des talents est nécessaire à l’émulation et à l’expression de soi, alors oui les colloques qui donnent la parole aux communautés sont vitaux pour briser des chaines que le virtuel entretient malgré lui,…alors oui les salons recréent des marchés du réel même si le digital y prend sa place. Oui on doit prévoir des events en présentiel en 2022 pour une seule bonne raison : l’humain. Et en préservant une bonne chose: l'humain. 

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