L’édito

Les Grands Prix, des armes efficaces post covid

Il a été parfois de bon ton de critiquer les Grands Prix, Trophées et autres distinctions individuelles ou d’entreprises… La crise sanitaire rebat quelque peu les cartes. Tout d’abord parce qu’elle a opéré à son insu un filtre sur la profusion des compétitions : seuls les Prix les plus légitimes ont perduré. Mais au-delà, la Covid aura requalifié l’idée même de ces distinctions professionnelles.

Publié le 09/09/2020 à 16:30, mis à jour le 09/09/2020 à 18:15.

Les Grands Prix, des armes efficaces post covid, édito de Xavier Dordor
© DR

Dans une reprise qui tarde à venir, dans une période où les entreprises ne savent pas très bien se situer dans la chaine de valeurs, dans un climat qui démontre un manque de confiance généralisé, les compétitions reprennent tout leur sens. 

Elles mettent en exergue les champions de chaque écosystème, elles démontrent l’importance de leur savoir-faire et valorisent leurs innovations ou leur capacité de disruption. Dans le contexte post-covid, ces victoires ont des effets psychologiques immédiats, mais aussi économiques à court terme. Une place sur un podium illustre, pour clients et fournisseurs, une certaine performance dans la filière, et mobilise les énergies en interne car elle donne un sens à l’effort demandé depuis des mois aux collaborateurs. La fierté est une arme anti-crise.

On l’a bien vu cette semaine au Grand Prix CB News des Médias où le vainqueur Canal + a montré sa satisfaction de retrouver un podium qui l’avait tenu écarté depuis 14 ans ! Au Grand Prix CB News des Régies où la fierté bien placée des dirigeants de 366 était palpable et saluée par tous, clients et concurrents. Le Grand Prix du Brand Content attribué à Toyota est encore plus symbolique de ce petit bonheur de la reconnaissance. Une marque japonaise se fait applaudir pour sa culture française par un jury réuni en plein Covid au moment même où la mondialisation était remise en cause par de très nombreux influenceurs et médias. (Au passage 400 personnes s’étaient déplacées à la Cigale et montraient la joie de se retrouver !)

Un frein à la candidature aux Grands Prix reste parfois le coût. Oui, c’est vrai et quitte à ne pas me faire que des amis, je dirais que c’est doublement justifié. Les frais de participation de la plupart des compétitions les plus recherchées sont élevés. Les jurys sont de qualité, les réunions sont souvent à deux tours, les dossiers sont bien constitués pour provoquer des débats pertinents. Le bricolage n’est guère de mise et cela a un coût. L’autre facteur important, c’est le coût de la préparation du dossier de candidatures en entreprise… elle mobilise du temps-homme, des compétences (graphiques) et de la production (vidéo). Mais pour avoir participé à de très nombreux jurys, je confirme que la qualité du dossier fait plus de la moitié de la réussite.

la qualité du dossier fait plus de la moitié de la réussite... d'une candidature.

Alors oui, il est nécessaire de choisir les Grands Prix, Les Trophées auxquels chacun participe prioritairement. Sur quels critères ? Tout ce qui fait la renommée d’un prix. Par exemple : l’organisateur de la compétition et son ancienneté. Le nombre et la personnalité des lauréats précédents. Quel impact de voir figurer le nom de sa société sur un podium au milieu d’eux ? Autre critère important enfin : le caractère-même du prix et son rapport avec la stratégie de l’entreprise. 

Ainsi participer au Prix Effie a un sens pour une marque grand public qui défend ses positions de marché, s’inscrire au Prix Créa Data est totalement pertinent pour une entreprise ou une organisation qui spécifie sa politique de com ou de services selon des cibles différenciées, présenter une candidature au Prix Syntec Conseil, c’est montrer la pertinence d’un accompagnement stratégique, participer aux Deauville Green Awards… Avant de décider de participer, l’analyse de l’entreprise doit porter sur son positionnement, ses ambitions, sa volonté de mobiliser l’interne…

Participer à une compétition est définitivement une démarche stratégique dont la crise sanitaire ne peut qu’accélérer la pertinence.

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