L’édito

L’éloge du lien digital

Dans le baromètre que MyEventNetwork vient de réaliser, quelques idées volent en éclats et ce n’est pas pour nous déplaire. Ainsi la phrase « Le digital, on ne va pas l’oublier, c’est un acquis au service de l’événementiel » obtient la note la plus forte pour décrire le futur des events : 6,33/7 ! C’est une surprise et une juste revanche pour le digital trop souvent décrié.

Par Xavier Dordor, publié le 11/05/2021 à 10:21, mis à jour le 11/05/2021 à 16:45.

L’éloge du lien digital, un édito de Xavier Dordor
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Sous le coup des isolements successifs imposés par les restrictions, le besoin naturel de se retrouver est devenu une nécessité, excitée par les médias, exacerbée dans un pathos et une surenchère quotidienne. Du coup, tout ce qui était du domaine du remplacement devenait suspect. De substitut, le digital devenait ersatz, palliatif et chacun pointait ses insuffisances. On se trompe de combat, le digital ne remplace pas l’humain et ne doit pas être critiqué sur ce point.

Soyons clairs, le digital doit être remercié et les acteurs du digital peuvent être félicités. Parce qu’il nous a permis de garder le contact, parce qu’il a permis que le télétravail ne soit pas qu’isolement, parce qu’il a facilité la co-construction du monde d’avec à défaut du monde d’après. Une chose est sûre : la Covid nous aura fait gagné deux à trois ans dans la construction des apps et des plateformes.

Alors il ne s’agit pas au moment où le desserrement du sanitaire nous sourit de vouer le digital aux gémonies. Non, il va nous accompagner à nouveau pour en sortir et tout ce que nous avons appris va nous servir.

Les plateformes de réservation et d’organisation vont orchestrer l’événementiel présentiel, digital ou hybride. Les trois. Le digital est justement le socle technique sur lequel l’hybridation va se construire. Il y a 5 /10 /15 modèles d’hybridation à réfléchir en rupture de cibles, de temps, d’espaces ou de formats… Mais tous s’accordent sur un point : leurs performances sont liées au digital.

On ne saurait pour autant limiter l’apport du digital au seul événementiel dans la sortie de crise. On peut penser que le prochain terrain de jeu du digital sera l’univers RH. L’enjeu actuel est de re-fédérer les équipes, re-mettre en marche les organisations, voire pour certains de ré-apprendre leur entreprise, de se la ré-approprier dans une nouvelle connivence partagée des équipes. Face à l’up to down d’hier, faciliter la co-construction depuis la base, équipe par équipe, service par service, établissement par établissement… en base to project. Et là le digital est un atout, parce que l’appréhension du canal visio n’existe quasiment plus, que fédérer sur un projet c’est donner un enjeu au digital, celui de nous aider à re-communiquer collectivement progressivement en n’excluant personne. C’est le positiver à nouveau. Pour l’humain.

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