L’édito

Le monde d’après ne sera pas rose, mais si on veut lui donner des couleurs, c’est maintenant !

Que n’a- t-on lu, vu, entendu, sur le « monde d’après » ? Tout a été dit, même des inepties ! Cela fait du bien de rêver quand la réalité vous échappe. L’opposition monde d’avant/ monde d’après a noirci des pages pour éclairer notre futur et faire croire que ces épreuves nous rendraient intelligents et bienveillants. 

Par Xavier Dordor, publié le 03/06/2020 à 16:02, mis à jour le 03/06/2020 à 16:00.

Edito Le monde d’après ne sera pas rose, mais si on veut lui donner des couleurs, c’est maintenant !, Xavier Dordor
© Javier Allegue Barros

L’avenir serait plus rose, l’herbe serait plus verte (ce qui s’est vérifié avec la dépression industrielle), le ciel plus bleu, l’eau plus transparente, l’air plus pur… L’avènement du plus, mais aussi le règne du moins à l’encontre des excès passés : la pollution, la mondialisation, l’urbanisation, la circulation, la consommation…

Je n’ajouterai pas à un couplet sur ce qui peut changer en bien. Je ne me changerai pas en pythie car je ne sais pas par définition ce qui va bouger et ce qui va s’engluer en l’état. Mais 1/ il est permis de rêver, voire c’est un devoir pour avancer. Seul le naïf est moteur avant d’être rattrapé par la réalité. Et surtout 2/ si on veut que cela bouge c’est maintenant qu’il faut agir pour devancer le poids des contraintes à venir.

C’est maintenant qu’il faut décider des politiques de relance collective et des choix marketing individuel. De nombreux professionnels prônent des crédits d’investissements publicitaires pour favoriser la relance. C’est en juin qu’il faut que l’État se décide sur la mesure à prendre pour être pleinement opérationnel dès septembre. C’est avant les vacances d’été que les directions générales et marketing doivent se prononcer sur le redéploiement des marques et les priorités de gamme.

Si on veut conserver un esprit positif post Covid et tirer les leçons sociétales de la pandémie, c’est à chaud qu’il faut agir. La libération de circulation, la réouverture des commerces, la réorientation de certains leviers de consommation (proximité, décarbonisation, RSE…) portent en elles des valeurs qui peuvent faire résonner des marques différemment. En tout cas, on peut toujours essayer, dès maintenant. Quand chacun a encore envie d’y croire et d’essayer de convaincre. En septembre, on sera happé par les process de rentrée, les contraintes de saisonnalité. Si on attend trois mois, on en perd six a minima.

De même dans les events. C’est maintenant qu’il faut décider des dates et des formats, en faisant encore quelques paris sur l’avenir des décisions d’État (nombre maximum de personnes en réunion, nouvelles règles de distanciation…). Mais aussi des paris sur la réceptivité du public à se retrouver et à célébrer cette nouvelle étape sociale, ou au contraire sur la peur de ces partages d’émotions collectives.

C’est maintenant qu’il faut prendre/ confirmer des options de salles, des décisions de recrutement des speakers ou de campagnes de recrutement des publics cibles. C’est maintenant qu’il faut être agile en ayant défini et mesuré tous les paramètres, ne serait-ce que pour mieux s’en affranchir le cas échéant.

Un regard particulier sur le B2B2C qui anime la majeure partie de notre filière des events. Le volet business to business d’animation des équipes, d’explication des nouvelles politiques d’après Covid, de démonstration des nouvelles versions d’outils ou d’applis, doit précéder la mise en place sur le terrain. Six à huit semaines pour convaincre, pour que la rentrée soit belle.

Maintenant, c’est important.

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