L’édito

Frédéric Bedin : « Relançons l’économie par l’événementiel. » 

A l’heure où le risque sanitaire est réel, où les directives gouvernementales et le principe de précaution poussent de nombreux événements B2B à reporter ou annuler leurs éditions, Frédéric Bedin, Président du Directoire HOPSCOTCH, appelle d’ores et déjà à la relance de l’économie par l’événementiel. Interview exclusive. 

Publié le 11/03/2020 à 17:41, mis à jour le 11/03/2020 à 17:41.

Frédéric Bedin Hopscotch
© DR

Vous avez appelé à la relance de l’événementiel, pour faire face à la crise sanitaire actuelle. Quelle forme cela pourrait-il prendre ?
Le réflexe sécuritaire de ne pas mettre les gens en danger est naturel, d’abord de la part du gouvernement qui a annoncé la limite à 1000 personnes mais aussi de la part des entreprises, où les dirigeants sont responsables de la santé de leurs employés. Mais il me semble malgré tout important de maintenir une vie sociale, en essayant de la compartimenter par exemple, en divisant les événements par 10 ou 100 pour éviter la propagation du virus. 
Les grands salons qui annulent créent un vrai ralentissement dans les échanges business. 
Il faut réfléchir dès aujourd’hui au plan de relance de l’événementiel. J’en appelle au gouvernement car c’est une crise, et la cellule de crise doit se passer au niveau de l’État. 

Small is beautiful ?
En ce moment oui ! Je suis persuadé qu’il est possible d’organiser des grappes de petits événements plutôt qu’un gros événement, pour maintenir le lien et l’activité. 

Le digital est aussi une solution ?
En mode réaction d’urgence, j’encourage tout le monde à faire du télétravail, et à passer les réunions, les conférences en streaming en ligne. Les conférences de presse liées au Salon de Genève par exemple, ont réuni plus de participants virtuels que si elles avaient eu lieu sur place. Mais le passage au digital doit rester exceptionnel : les entreprises ont besoin de créer des événements, c'est un moyen de créer du lien, et de communiquer. Si elles ne créent pas d'événements, leur communication en pâtit, notamment sur les réseaux sociaux.

Concrètement, comment organiser la relance du secteur ?
Quand on aura passé le pic, comme c’est en train d'arriver en Chine, il faudra mettre l’accélérateur. Or, la relance du dynamisme des entreprises passera par l’événementiel.
Par ailleurs, je ne crois pas en l’action collective mais plutôt une effervescence intellectuelle autour de ces thématiques, qui peut passer par la prise de parole des leaders d’opinion. Le gouvernement, de son côté, possède déjà tous les outils pour aider le secteur. Préparons, pendant la crise, la relance de l’économie par le développement de l’événementiel. 

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