L’édito

Faire société, ça fait sens, mais avant tout ça fait bien.

Faire société. Expression entendue très (trop) souvent au micro de conférences médias. Un néologisme pour justifier la fonction média et son rôle social ?

Par Xavier Dordor

Visuel édito Xavier Dordor
© Antoine Garric

Si le vocable fait florès depuis les années 2000, chez les professeurs, chez les journalistes puis chez les commentateurs de tout poil, on trouve trace du Faire société chez le philosophe Alain soit un siècle avant. Faire société, une expression qui fait court. Elle désigne la capacité ou la volonté de chacun ou de groupes d’individus à envisager l’autre, à lui reconnaître une existence, à le comprendre, et à partager avec lui. Le fameux Vivre Ensemble, autre expression valise du moment. Le principe est louable mais il mérite précision pour ne pas rester qu’un habillage. Que partage-t-on, avec qui et dans quel projet? Les médias sont des acteurs majeurs de ce lien social. C’est à l’aune des contenus partagés, de la mixité acceptée de leur audience, de leur mission revendiquée, que peuvent se comparer les médias entre eux, et il faut reconnaître qu’ils n’ambitionnent pas tous le même avenir. Le même philosophe Alain écrivait déjà : « Ne vouloir faire société qu’avec ceux qu’on approuve en tout, c’est chimérique, et c’est le fanatisme même. ». Vous likez ? La vraie différence finalement, c’est l’ouverture, la tolérance… Faire société, ça fait sens, mais avant tout ça fait bien.

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