L’édito

« Dois-je maintenir des events même virtuels dans ma stratégie ? »

Souvent, ces jours-ci, la question nous est posée : « Dois-je maintenir... ? » La réponse est positive sans restriction. Peut-être même plus que jamais. Les raisons sont plurielles et simples.

Par Xavier Dordor, publié le 19/05/2020 à 15:29, mis à jour le 08/07/2020 à 15:23.

« Dois-je maintenir des events même virtuels dans ma stratégie ? », édito de Xavier Dordor
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La première tient à l’essence même de la rencontre et du partage. Difficile et essentielle en ces temps même déconfinés. L’isolement a pesé sur les consciences et sur les énergies. La rencontre permet de les restaurer, de les réanimer. Certes les Zooms, les Teams, les Google Meets ont maintenu des liens opérationnels et immédiats. Mais leur objet et leur audience tient souvent plus de la communication smartphone élargie que de la conférence. Du travail d’équipe devenu quotidien plus que de l’ouverture. Ce fameux télétravail.

Et c’est là la deuxième raison de provoquer des events, même digitaux. Faites un test : vous vous souvenez plus aisément d’un call où l’enjeu était nouveau et peut être déstabilisant, où les interlocuteurs entraient pour la 1ère fois dans votre sphère. Les events répondent à ce besoin d’ouverture, de dialogue, voire de sacralisation des deux pour créer une rupture. Pour prendre date. Alors oui les Conférences, les Summits, les Rencontres servent ces objectifs « top down » et en même temps « bottom up ». Passer des messages, animer des interactions, fédérer des partages. Notamment quand ils se tiennent en présentiel et que le plaisir de la rencontre physique renforce ce moment : réunir des gens est la plupart du temps un moment de fête tant pour l’organisateur que pour les participants. Qu’ils soient collaborateurs ou appartiennent à l’écosystème.

Les contraintes actuelles limitent les Rencontres dans la vie réelle à court terme.

Un : cela ne durera peut-être pas, soyons optimistes sans être naïfs ! Préparons les rendez-vous hybrides : les premiers marqueront l’esprit de reprise. Deux : introduisons cette dimension du physique dans nos events numériques. Échappons au diktat de la double fenêtre juxtaposée où journaliste-animateur et interviewé se font faussement face, et dont les visages marquent un profond ennui pendant que l’autre parle ! Scénarisons ! Dans l’ancien monde, il y avait les plateaux TV, véritables théâtres de la vie publique qui présentaient en un seul lieu cette double fonction de rencontres en face à face et de concentration de toutes les nouvelles du monde : reportages, différés ou en direct… Ces jours-ci où on redécouvre les vertus de la TV, il est bon de se souvenir de la pertinence du plateau. Thierry Ardisson avait innové avec les dîners débats à l'écran servis à la place, innovons, recréons des apéritifs virtuels à l’écran, des dîners de têtes, des cafés du e-commerce... Innovons en utilisant les capacités exceptionnelles du digital en matière de diffusions, d’échanges ou d’imports personnalisés grâce à la data... Maintenir des events certes mais aussi les réinventer !

L’ultime question à trancher, c’est la place de l’event dans le déploiement de la stratégie : en lancement pour amplifier, créer un point de reboot ou au contraire célébrer des résultats ? Ces options prennent toutes un sens différent. 

A vous de choisir. 

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