L’édito

« Dans un mois, dans un an… comment souffrirons-nous ? » (Racine)

Il y a 6 mois - jour pour jour- nous entrions dans le confinement ! Que de bouleversements. Nous n’imaginions pas à l’époque le tsunami économique et social, conséquence de la crise sanitaire. La vraie question est que, six mois après, nous n’avons sur certains points guère plus de visibilité. Et c’est cela qui est gênant. Nous partageons une seule certitude à date : il faut tout faire pour éviter un deuxième confinement général ! 

Par Xavier Dordor, publié le 16/09/2020 à 14:50, mis à jour le 16/09/2020 à 17:26.

Édito de Xavier Dordor « Dans un mois, dans un an… comment souffrirons-nous ? » (Racine)
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Cette absence de visibilité est grave pour tous ceux dont l’activité est ponctuelle, datée, programmée. L’industrie, le commerce, la plupart des services s’inscrivent eux dans une continuité, une quotidienneté qui rend la charge certes plus lourde mais prévisible. L’État s’en est emparé pour mieux gérer la crise. Espérons que la reprise de ces activités soit à la hauteur des milliards engagés. 

Pour la culture et le spectacle, le principal écueil est la programmation. Et la phrase de Jean Racine issue de Bérénice (« Dans un mois, dans un an… comment souffrirons-nous ? ») est plus que jamais significative. Nous n’avons aucune visibilité et l’inquiétude reste palpable et légitime.

Les pouvoirs publics parlent à mi-voix d’une reprise au printemps pour ne pas trop inquiéter. Pour autant, l’absence de décision nationale immédiate contribue à cette incertitude. Chacun a attendu vendredi encore, des mesures qui ne sont pas venues. La délocalisation des décisions comme le plafonnement des réunions à Bordeaux ou Marseille restreintes à 1 000 personnes, compréhensible par ailleurs, définit certes une portée réglementaire départementale mais auront avant tout un impact psychologique national. L’accumulation de décisions locales risque de définir les limites d’un terrain de jeu politiquement correct au niveau national. De même, quand les GAFA incitent leurs collaborateurs à ne pas réintégrer leur bureau avant juillet 2021 et restreignent leur accès à des events professionnels (en tant que speakers ou spectateurs), cela n’incite pas les grands groupes à s’affranchir d’une telle règle sans passer pour des inconscients…

Les peurs sociales s’ajoutent aux diktats réglementaires et en accroissent l’importance. 

Dans ce contexte, certains spectacles ou events s’annulent (ou poliment se décalent) des semaines/mois à l’avance, et accroissent encore la chape sanitaire sur cette malheureuse industrie. Heureusement, d’autres organisateurs professionnels acceptent les contraintes, anticipent les risques éventuels et maintiennent les events, mais surtout… conservent un métier dans l’espoir d'une reprise au moins sur la fin de l’année.

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