L’édito

2020 : les events se réinventent et c’est tant mieux ! 

Le tout début d’année 2020 est l’occasion de se projeter. Pas toujours facile pour un organisateur qui a souvent le nez dans le micro, alors on va vous aider avec la fougue de notre jeunesse (MyEN n’a pas encore 10 mois), mais aussi grâce à la veille quotidienne de centaines d’events suivis depuis notre naissance ! 

Par Xavier Dordor, publié le 31/12/2019 à 10:52, mis à jour le 02/01/2020 à 10:07.

Visuel 2 : 2020 : les events se réinventent et c’est tant mieux ! 
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La taille des events se réduit, pas l'ambition. 
Et si la course à l’audience en live se calmait vraiment ? On assiste à une volonté de mieux calibrer les events sur les cœurs de cibles, pour un meilleur ROI. Des events moins grands, un anglage plus pointu des thèmes de conférences et des titres d’interventions, pour être plus mobilisateurs des publics directement visés. Conséquence : en dehors de quelques grands-messes qui continueront sans doute à croître (Vivatech, Hub, BIG, UDECAM, …), le marché se concentre en utilité. Le coût croissant des salles à Paris est un facteur aggravant de cette évolution. Les petites salles très modernes se multiplient. Certains bureaux, déjà en mode open-space, deviennent d’ailleurs des alternatives intéressantes pour gagner en intimité ou en connaissance des compétences (Kantar Expérience pourrait faire des émules). 

Les scènes se calment
On devrait de même assister à une bipolarisation du show : quelques grands spectacles subsistent et le minimalisme gagne du terrain. On ne veut plus systématiquement faire comme les grands. Attention à rester cependant attractif, voire séduisant. Le show must go on. Le contenu ne se suffit pas toujours à lui-même, la mise en scène crée l’émergence de la prise de parole. Le fond et la forme. Pas forcément la course aux sunlights, mais la différenciation, la recherche de spécificité, sont devenus nécessaires. De même sur les écrans. La vidéo d’ouverture s’est affirmée comme la norme. Merci Brut et ses vidéos zébrées de mots d’ordre ou d’accroches fortes. Les slides bavardes sont définitivement rejetées. Les présentations accélérées tendances US à 50 slides/minute ont fini de nous achever. Le beau côtoie le simple, la débauche fatigue. « Cessons de copier, innovons » est le mot d’ordre. Comme le replay gagne ce marché, le repérage de la scène pour une meilleure attribution des vidéos devient la règle. Par quoi va-t-on remplacer les sacro saintes lettres géantes en polystyrène ? Par elles-mêmes ? 

Les formats se diversifient. 
Les matinées de trois tables rondes successives sont à éliminer d’urgence. Celles à deux doivent bien se tenir avec des animations fortes et disruptives, et des speakers qui débattent vraiment.  En décembre, un grand event qui se voulait très moderne (et qui l’était par ailleurs) a réussi la prouesse de faire une table ronde de cinq personnes avec un seul micro. Cinq monologues plutôt ! Une aberration rapidement critiquée par l’assistance. La tendance est à la scénarisation des prises de paroles individuelles ou multiples. Avertissement : les bons animateurs de scène se font rares (et chers parfois), et la plastique ou la notoriété ne sauraient remplacer le travail du synopsis et la qualité d’interview. Inviter une star, un sportif est la « cherry on the cake », mais si le cake est trop cuit…

Les rythmes s’accélèrent. 
A proscrire, on l’aura compris les successions de formats qui se suivent et se ressemblent. « Étonnez, détonnez, cartonnez… » Réveillez les salles, alternez les genres. Keynotes, duos synchro, duels mouchetés, trio a giorno… Mais aussi, inspirations, argumentations, respirations. Et un, et deux, et trois… à Visions de 20 Minutes, une sirène sur scène a animé en live une séance de yoga collective. Une autre tendance intéressante : le live magazine qui génère de l’émotion par l’immersion, et plus généralement tous les formats qui créent du temps long, du repos en rupture. En réaction aux conducteurs minutés hyper stressants. 

Chacun cherche à réinventer l’UX de son event, à côté même du thème et pour mieux le faire adopter. C’est peut-être cela l’insight 2020. On en reparle ? 

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